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08/11/2013 09:29 EST | Actualisé 08/01/2014 05:12 EST

Malgré de longs pourparlers, toujours pas d'entente sur le nucléaire iranien

GENÈVE - Avec l'aide de la Russie et de la Chine, le secrétaire d'État américain John Kerry a monté une importante offensive diplomatique, vendredi, pour parvenir à un accord intérimaire sur le nucléaire avec l'Iran, malgré une vive opposition d'Israël et l'incertitude au Congrès, à Washington.

Une journée complète de discussions, y compris une rencontre de cinq heures entre M. Kerry et le ministre iranien des Affaires étrangères Mohammad Javad Zarif, n'a cependant pas permis de surmonter les désaccords.

Le négociateur iranien en chef, le sous-ministre des Affaires étrangères Abbas Araghchi, a décrit cette session tardive comme étant «productive», mais a ajouté, sans élaborer, qu'«il y avait encore beaucoup de travail à faire», et que les pourparlers allaient se poursuivre samedi. Un haut responsable du département d'État américain a confirmé ce point de vue.

M. Kerry et ses homologues britannique, français et allemand sont arrivés à Genève alors que les négociations en sont à un point crucial, à la suite d'une première journée complète de discussions, jeudi, et certains ont dit qu'il restait quelques obstacles pavant la voie à un accord comprenant des réductions de sanctions en échange de concessions dans le dossier nucléaire.

L'annonce que le ministre russe des Affaires étrangères Sergueï Lavrov et le sous-ministre chinois des Affaires étrangères étaient eux aussi en route vers les négociations a relancé l'espoir d'obtenir au moins un accord intérimaire, peut-être samedi.

Le premier ministre israélien Benyamin Nétanyahou a toutefois martelé que toute entente en développement était une «mauvaise idée» qui permettait à l'Iran de marquer des points en offrant de lever des sanctions en échange de modifications cosmétiques qui, dit M. Nétanyahou, ne réduisent en rien la capacité de Téhéran de développer des armes nucléaires.

Interrogé à propos de la prise de position israélienne, le porte-parole de la Maison-Blanche Josh Earnest a affirmé que «toute critique de cette entente était prématurée», puisque aucun accord n'avait été conclu.

La Maison-Blanche a plus tard mentionné que le président Barack Obama avait téléphoné à M. Nétanyahou pour le tenir informé des développements des négociations, et a affirmé que M. Obama était toujours prêt à empêcher l'Iran d'obtenir des armes atomiques.

M. Kerry a tempéré les informations faisant état de progrès, affirmant qu'il demeurait «d'importants vides» qui doivent être comblés dans le cadre d'une entente qui verrait un relèvement de certaines sanctions si l'Iran commençait à ralentir les programmes qui lui permettraient de développer des ogives nucléaires.

Toute entente représenterait une percée après près d'une décennie de discussions largement sans effet, mais cela ne représenterait que le début d'un long processus pour réduire les capacités potentielles de l'Iran de produire des armes nucléaires, sans aucune garantie de succès à la clé.

Les six puissances participant aux négociations nucléaires ont parlé de la possibilité de dégeler des sommes allant jusqu'à 50 milliards $ dans des comptes iraniens à l'étranger et la levée des restrictions sur le secteur pétrochimique, l'or et d'autres métaux précieux. Mais la proposition maintiendrait les sanctions principales sur les exportations pétrolières iraniennes et le secteur financier, comme incitatif pour pousser l'Iran à signer un accord plus large et permanent.