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08/11/2013 03:02 EST | Actualisé 08/01/2014 05:12 EST

Des Libyens manifestent contre la violence des milices à Tripoli

TRIPOLI, Libye - Des dizaines de personnes ont manifesté dans la capitale libyenne, vendredi, pour dénoncer les milices hors de contrôle qui pullulent dans le pays, après un affrontement nocturne entre deux factions qui a fait trois morts à Tripoli.

Les manifestants ont sommé les milices de la capitale de quitter les lieux d'ici trois jours, faute de quoi ils menacent de les expulser de leurs quartiers généraux.

Des manifestants portaient des bannières où l'on pouvait lire «Tripoli sans armes». Ils ont appelé le gouvernement intérimaire à faire appliquer sa décision de prendre le contrôle des milices.

En vertu de cette décision gouvernementale, les milices ont jusqu'à la fin de l'année pour se démanteler ou se joindre aux forces de sécurité libyennes, au risque de perdre le salaire qui leur est versé par le gouvernement.

Après le renversement et le meurtre du dictateur Mouammar Kadhafi, en 2011, les ex-rebelles ont formé des groupes armés pour assurer la sécurité dans le pays, qui était alors plongé dans la désorganisation la plus totale. Ces groupes se sont ensuite multipliés et s'affrontent aujourd'hui pour gagner du pouvoir et de l'influence.

La manifestation de vendredi est survenue après de violents affrontements, jeudi soir, entre deux milices rivales en plein centre de la capitale. Le chef du conseil municipal de Tripoli, Al-Sadat al-Badri, a déclaré aux journalistes que les affrontements avaient fait trois morts et quatre blessés graves.

«Il y a un consensus dans la capitale sur le fait que la ville appartient à tout le monde», a-t-il affirmé. «Nous ne voulons pas être contrôlés par un petit groupe armé.»

Les affrontements ont commencé après que le commandant d'une milice de Misrata, dans l'ouest du pays, eut succombé à des blessures subies lors d'un combat plus tôt cette semaine. Des dizaines de miliciens de Misrata, certains circulant dans des camionnettes surmontées de canons antiaériens, sont ensuite entrés dans Tripoli pour attaquer leurs rivaux.

Lors des affrontements, de nombreux commerçants de Tripoli ont fermé leurs boutiques, tandis que des civils ont fui leur résidence après que des tirs eurent atteint des édifices d'habitation. Des balles ont aussi fait voler en éclats les vitres d'un hôtel luxueux.

Des tirs sporadiques pouvaient encore être entendus à Tripoli vendredi matin.