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07/11/2013 12:44 EST | Actualisé 07/01/2014 05:12 EST

Une autre vidéo montre le maire Ford en état d'ébriété -- et de colère extrême

TORONTO - Le maire de Toronto, Rob Ford, a reconnu qu'il se trouvait dans un état d'ébriété extrême lorsqu'il a proféré des menaces dans une autre vidéo controversée qui a fait surface jeudi.

Deux médias torontois ont publié une vidéo dans laquelle on entend le maire utiliser les mots «tuer» et «meurtre», et du langage ordurier.

«De toute évidence, j'étais extrêmement, extrêmement enivré», a déclaré le maire de Toronto, quelques minutes après le dévoilement de la vidéo.

«J'ai commis des erreurs. Je ne sais pas quoi dire.»

Les images semblent avoir été tournées dans une salle à dîner. Le contexte est difficile à établir, et on ignore à qui le maire fait allusion et à qui il s'adresse dans la pièce. Rob Ford, qui apparaît extrêmement agité, affirme notamment qu'il lui faudrait quelques minutes à peine pour assassiner la personne qui l'a rendu aussi furieux.

Pendant sa diatribe, le maire martèle qu'il pourrait «arracher la gorge» et «arracher les yeux» à un individu qui, semble-t-il aurait insulté ses frères.

Après avoir visionné la vidéo, M. Ford a déclaré que celle-ci était «extrêmement embarrassante», que «le monde entier allait la voir», mais que pour lui, ce n'était pas «problématique».

«C'est tout ce que j'ai à dire pour le moment», a-t-il lancé avant de tourner les talons.

La maire n'a pas spécifié ce qui avait pu le mettre dans un tel état de rage, mais a dit espérer que personne ne se retrouve dans un tel état d'ébriété.

Le Toronto Star, qui a publié la version longue de la vidéo — d'une durée d'un peu plus d'une minute —, précise qu'il a déboursé 5000 $ pour mettre la main sur ces images.

De son côté, le Toronto Sun a précisé qu'un individu avait tenté d'obtenir de l'argent en échange des images. Le quotidien torontois dit avoir refusé de monnayer la vidéo et n'a donc obtenu que de courtes séquences, qui se trouvent sur son site Internet.

L'avocat de M. Ford, Dennis Morris, a dit ignorer le contexte de la vidéo. «A-t-elle été enregistrée il y a huit, dix mois, ou plus récemment? Je vais tenter moi aussi d'en savoir plus», a-t-il dit à l'Associated Press.

Le maire de Toronto a reconnu mardi avoir fumé du crack, après l'avoir nié pendant des semaines. La nouvelle a fait le tour du monde.

Quelques jours auparavant, le Service de police de la Ville de Toronto avait affirmé être en possession d'une vidéo qui concordait avec ce que des médias rapportaient depuis des mois — le maire Ford en train de fumer ce qui semble être du crack.

En conférence de presse, mardi, le maire a expliqué qu'il avait consommé du crack alors qu'il se trouvait dans un état d'ivresse extrême. Il a cependant prévenu qu'il resterait en poste.

Le conseiller Denzil Minnan-Wong, un membre du comité exécutif de M. Ford, a l'intention de soumettre au conseil la semaine prochaine de requérir que le gouvernement provincial retire le maire de ses fonctions s'il ne prend pas de congé autorisé.

«Des mesures extraordinaires sont nécessaires en des temps extraordinaires, a fait valoir jeudi M. Minnan-Wong. Il y a une intolérance croissante de la part de membres du conseil et de proches du maire.»

La ministre ontarienne des Affaires municipales, Linda Jeffrey, qui avait réaffirmé plus tôt jeudi que le gouvernement n'avait pas l'intention de se mêler de l'affaire, a dit qu'elle attendrait désormais de voir la résolution du conseil municipal.

«Les choses évoluent rapidement, a souligné la ministre. Bien sûr, nous allons évaluer la résolution quand elle sera mise de l'avant, si elle est mise de l'avant.»

À Ottawa, le chef du Nouveau Parti démocratique (NPD), Thomas Mulcair, a appelé M. Ford à se retirer et à obtenir de l'aide.

Le ministre fédéral des Finances, Jim Flaherty, a paru très ému jeudi matin, à Toronto, lorsque des journalistes l'ont interrogé à propos de la tempête autour du maire Rob Ford.

Le ministre Flaherty est un ami de longue date de la famille du maire de Toronto.

Lorsqu'on lui a demandé s'il croyait que M. Ford devrait chercher de l'aide, M. Flaherty, au bord des larmes, a fait une pause avant de dire que cette décision revenait au maire lui-même.

Mardi, M. Ford avait écarté plusieurs appels de proches alliés qui lui ont suggéré de prendre une pause de la mairie afin de régler ses problèmes personnels.

Se portant publiquement pour la première fois à la défense de son fils depuis le début du scandale, la mère de Rob Ford a soutenu qu'il n'avait aucunement besoin de se rendre dans un centre de réadaptation. Elle a toutefois dit qu'il devait démontrer «un peu plus de jugement».

Ce qu'il doit faire, a-t-elle ajouté, est d'aller chercher conseil, d'installer un éthylotest antidémarrage dans son véhicule, et de contrôler son poids.

«Il a un problème de poids majeur», a dit Diane Ford à la chaîne de télévision CP 24.

Le Toronto Star se justifie

Justifiant pourquoi le journal a payé 5000 $ pour obtenir cette seconde vidéo sur M. Ford, le rédacteur en chef du Toronto Star Michael Cooke a dit croire qu'elle est d'un «intérêt public majeur» et pertinente pour établir la personnalité du maire.

«Nous avons déterminé que la crise à l'Hôtel de Ville justifiait d'obtenir toute l'information pertinente sur la véritable personnalité du maire et ses opinions au bénéfice des Torontois», a exprimé M. Cooke.

Le Toronto Star a indiqué que la vidéo avait été filmée avec un cellulaire au domicile d'un partisan de M. Ford, où le maire était débarqué en état d'ébriété.

«L'enjeu est si grand que je ne comprends pas qu'on puisse poser la question pourquoi on a payé (pour cette vidéo)», a dit M. Cooke.