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07/11/2013 03:30 EST | Actualisé 06/01/2014 05:12 EST

Shell accusée de négliger son rôle dans les fuites de pétrole au Nigeria

Amnistie internationale estime que Shell tente de se soustraire à ses responsabilités dans les fuites de pétrole au Nigeria lorsque la pétrolière rejette la faute sur les groupes criminels. Shell qualifie toutefois ces accusations de « sans fondement ».

« Les déclarations de Shell sur les fuites de pétrole ne sont pas fiables », affirme Audrey Gaughran, responsable des questions internationales au sein de l'ONG.

Dans un rapport publié par Amnistie internationale, on peut lire que le nombre de fuites dans le sud du Nigeria, premier producteur de brut africain, est « stupéfiant ».

Le géant Shell a déclaré 348 fuites depuis le début de 2012. De son côté, pour la même période, la filiale nigériane de la société italienne Agip en a rapporté plus de 1000, explique le rapport.

Amnistie internationale affirme que les compagnies pétrolières, et Shell en particulier, manipulent les résultats des enquêtes sur ces fuites, accusant les voleurs de pétrole d'en être responsables. L'organisme soutient que les infrastructures pétrolières sont aussi en cause, parce qu'elles sont souvent mal entretenues.

Amnistie internationale et le Centre pour l'environnement, les droits de l'homme et le développement (CEHRD), coauteurs du rapport, avancent que les études de détermination des responsabilités sont souvent financées et contrôlées par la compagnie pétrolière.

De plus, l'organisme gouvernemental nigérian chargé de mener des études indépendantes sur la détection et la réponse aux fuites de pétrole n'aurait ni les ressources, ni l'expertise nécessaires pour mener à bien son mandat, aux dires d'Amnistie internationale.

Lucratif marché noir

Le trafic de pétrole représente un manque à gagner de six milliards de dollars par année au Nigeria, selon les estimations officielles. Les voleurs profitent largement de ce lucratif marché noir. Ils installent des robinets et siphonnent le brut directement des conduits.

Certains spécialistes indépendants estiment déjà que le sabotage d'oléoducs est une des principales sources de pollution dans le delta du Niger.

Blâmant les fuites qui sont provoquées par les malfaiteurs, Shell en ajoute : ces activités criminelles sont la « cause principale de pollution dans le delta aujourd'hui » estime Precious Okolobo, porte-parole de la filiale nigériane de la pétrolière, SPDC.

« SPDC regrette que certaines ONG continuent à avoir une démarche militante au lieu de se concentrer sur des solutions sur le terrain », a-t-il ajouté.

Les ONG affirment que les conclusions officielles peuvent être « très subjectives, fallacieuses et fausses ».

Le rapport d'Amnistie internationale estime plutôt que « la corrosion et le manque de maintenance des infrastructures pétrolières » sont les principales sources du problème, au même titre que le sabotage criminel.