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07/11/2013 11:55 EST | Actualisé 07/01/2014 05:12 EST

Coût des médicaments : Ottawa ne veut pas dévoiler de données « spéculatives »

Le ministre du Commerce international du Canada, Ed Fast, refuse de rendre publics les documents gouvernementaux qui estiment que le traité de libre-échange entre le Canada et l'Union européenne pourrait faire augmenter le prix des médicaments sur ordonnance au pays.

Cette demande du porte-parole du NPD en matière de commerce, Don Davies, qui a affirmé jeudi à la Chambre des communes que les Canadiens avaient le droit d'accéder à ses informations afin d'être en mesure d'évaluer l'accord, a été repoussée par Ed Fast. Celui-ci a indiqué qu'il ne fournira aucune information « spéculative » aux citoyens.

M. Fast affirme que le gouvernement croit qu'il pourra atténuer l'augmentation du coût des médicaments canadiens, tout comme l'avait fait le premier ministre Stephen Harper la semaine dernière en promettant de verser des compensations aux provinces.

Stephen Harper avait alors réagi à une étude réalisée par des chercheurs de l'Université York, qui concluait que le coût des médicaments sur ordonnance au pays pourrait augmenter de 850 millions à 1,65 milliard de dollars annuellement. Les chercheurs expliquaient cette augmentation par les changements contenus dans l'accord de libre-échange, qui retarderont d'un peu plus d'un an, en moyenne, la production des versions génériques des médicaments de marque déposée.

À la suite de cette étude, le gouvernement Harper a admis que le coût des médicaments pourrait augmenter à partir de 2023 en conséquence de l'accord.

L'étude soulevait aussi un doute sur l'hypothèse voulant que les sociétés pharmaceutiques qui créent des médicaments brevetés augmentent leurs dépenses en recherche et développement au Canada après la signature de l'accord.

La conclusion de cet accord de libre-échange entre le Canada et l'Union européenne a été annoncée à la mi-octobre. Selon les deux parties, l'entente pourrait se traduire par une progression de 20 % de leurs échanges commerciaux, générant quelque 35 milliards de dollars d'activités économiques supplémentaires par année. Au Canada, l'accord de libre-échange pourrait se traduire par la création d'environ 80 000 emplois, selon le gouvernement.