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07/11/2013 10:25 EST | Actualisé 07/01/2014 05:12 EST

Congo: le commandant du M23 et 1700 rebelles se sont rendus

KAMPALA, Ouganda - Le commandant en chef du groupe rebelle M23 et environ 1700 de ses hommes se sont rendus aux autorités ougandaises après leur défaite aux mains de l'armée congolaise, a indiqué jeudi un responsable militaire ougandais.

Cela permet d'espèrer que les rebelles signeront un accord de paix après 19 mois d'une rébellion brutale qui a fait des milliers de déplacés dans la province du Nord-Kivu, dans l'est du Congo.

Le commandant du M23, le général Sultani Makenga, et ses hommes étaient détenus par l'armée ougandaise à Mgahinga, un secteur boisé près de la frontière avec le Congo.

Les rebelles ont été désarmés et étaient en voie d'être identifiés par les autorités ougandaises, a dit le responsable sous le couvert de l'anonymat.

Makenga est sous le coup de sanctions américaines. Il fait aussi l'objet d'une interdiction de voyager et d'une saisie de ses biens de la part de l'ONU pour «des infractions graves à la loi internationale concernant des attaques contre les femmes et les enfants» lors d'un conflit armé dans l'est du Congo.

L'homme de 39 ans s'est hissé à la tête du groupe rebelle plus tôt cette année, dans la foulée d'une querelle violente au sein du M23 qui a vu son ancien chef, Bosco Ntaganda, être expulsé. Ntaganda a fui vers le Rwanda, où il s'est livré à la justice internationale.

«Makenga devrait être arrêté et immédiatement envoyé devant la justice, a dit à l'Associated Press le gouverneur du Nord-Kivu, Julien Paluku. Il devrait être contraint de répondre de ses gestes dans l'est du Congo.»

M. Paluku doute que 1700 hommes du M23 se soient rendus, compte tenu du nombre élevé de combattants qui ont fait défection au cours des dernières semaines.

Il est peu probable que l'Ouganda, qui accueillait des négociations de paix entre les rebelles et le gouvernement congolais, extrade rapidement Makenga vers le Congo — ce qui explique probablement pourquoi le chef rebelle et ses hommes se sont rendus aux autorités ougandaises.

Le chef rebelle et ses combattants seront placés sous la protection de l'Ouganda jusqu'à ce que les gouvernements régionaux, y compris ceux du Rwanda et du Congo, s'entendent sur la manière dont doivent être traités les «éléments négatifs» présents dans la région, a dit le responsable.

Les rebelles du M23 ont perdu, cette semaine, tout le territoire qu'ils contrôlaient après une offensive importante de l'armée congolaise appuyée par des forces de l'ONU. Après la chute de leur dernière place-forte, les rebelles ont semblé fuir la ville frontalière de Bunanga pour s'évaporer dans la nature.

Plus tôt cette semaine, le leader civil des rebelles, Bertrand Bisimwa, avait annoncé la fin de la rébellion, affirmant qu'il voulait collaborer avec le gouvernement congolais pour trouver une solution politique à la crise.