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06/11/2013 05:36 EST | Actualisé 06/01/2014 05:12 EST

Sondage Léger : Harper doit en faire plus contre le réchauffement climatique

Une majorité de Canadiens sont d'avis que le gouvernement fédéral manque de leadership sur la question des changements climatiques. C'est la principale conclusion d'un sondage de la firme Léger effectué en octobre pour le compte de l'Université de Montréal et du groupe de réflexion Canada 2020.

Un texte d'Étienne Leblanc

La moitié des Canadiens interrogés qualifie de « faible » le leadership démontré par Ottawa sur la question du climat, alors qu'à peine 16 % pensent qu'il est « très bon ».

« Les résultats de ce sondage montrent que les politiques mises en oeuvre par Ottawa ne sont pas à la mesure des attentes des Canadiens sur cet enjeu qu'est le réchauffement », dit le politologue Erick Lachapelle, de l'Université de Montréal, qui a participé à la conception du sondage. « Les Canadiens souhaitent plus de leadership de la part du gouvernement de Stephen Harper », dit-il.

D'après le sondage, 58 % des Canadiens croient que le phénomène du réchauffement climatique est causé par les activités humaines, et une portion similaire est d'avis qu'un pays riche comme le Canada a l'obligation morale de jouer un rôle de leader en la matière.

L'enquête montre aussi que les Canadiens sont assez mal informés sur les questions climatiques. Bien que les trois quarts des personnes se disent en faveur de la participation du Canada à un traité international qui vise à limiter les émissions de gaz à effet de serre, plus de la moitié (59 %) avoue ne pas savoir que le Canada s'est retiré du Protocole de Kyoto.

La moitié des répondants affirme aussi n'avoir jamais entendu parler du système de plafonnement des émissions et d'échange de crédits de carbone, une des mesures envisagées par différents gouvernements pour forcer l'industrie à réduire ses émissions.

« Je ne veux pas blâmer les médias, mais je constate qu'ils s'intéressent assez peu à la question du climat. S'ils le faisaient, les citoyens seraient peut-être mieux informés », croit Erick Lachapelle.

Une mince majorité des personnes sondées se prononce en faveur d'une éventuelle taxe sur le carbone, même s'il en résultait une augmentation du prix de la facture d'énergie de 15 $ par mois.

Ces chiffres sont publiés à quelques jours de l'ouverture de la 19e conférence de l'ONU sur le climat qui débute lundi à Varsovie, en Pologne.

Le sondage arrive aussi dans la foulée de la publication de deux rapports internationaux qui viennent confirmer la gravité du phénomène du réchauffement.

Lundi, le Programme des Nations unies pour l'environnement publiait le rapport Emission Gap, qui affirme que même si toutes les mesures annoncées par les différents pays pour réduire les émissions de gaz à effet de serre étaient mises en place, on serait encore loin du scénario qui permettrait de stabiliser le climat.

Mercredi, c'était au tour de l'Organisation météorologique mondiale (OMM) de jeter un nouveau pavé dans la mare. Selon les plus récents chiffres de l'OMM, une agence de l'ONU basée à Genève, l'année 2012 a été marquée par une nouvelle hausse de la concentration des gaz à effet de serre dans l'atmosphère. La situation ne devrait pas s'arranger en 2013, d'après l'organisation.