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06/11/2013 03:12 EST | Actualisé 06/01/2014 05:12 EST

Mali: Al-Qaïda au Maghreb revendique le meurtre des journalistes français

DAKAR, Sénégal - La branche d'Al-Qaïda au Maghreb (AQMI) a revendiqué le récent assassinat des deux journalistes français à Kidal, dans le nord du Mali, selon un communiqué du groupe publié mercredi sur le site Web de l'agence mauritanienne Sahara Médias.

Les journalistes Ghislaine Dupont et Claude Verlon, de Radio France internationale (RFI), ont été enlevés puis tués samedi par des assaillants jusqu'ici inconnus.

Selon des experts, malgré la revendication d'AQMI, l'enlèvement ne correspond pas aux façons habituelles de procéder de l'organisation terroriste.

Un représentant des services maliens de renseignement au fait du dossier a précisé que selon les enquêteurs, l'enlèvement aurait été organisé par un jihadiste de moindre influence qui tente de se racheter auprès d'AQMI après avoir été accusé de voler de l'argent.

Les meurtres auraient été perpétrés par des hommes d'Abdelkarim al-Targui, l'un des leaders d'AQMI, a indiqué ce responsable sous le couvert de l'anonymat.

Ghislaine Dupont et Claude Verlon ont été enlevés samedi en début d'après-midi par quatre hommes armés. Leurs corps criblés de balles ont été retrouvés plusieurs heures plus tard près du véhicule de leurs présumés ravisseurs, qui était tombé en panne. Les deux envoyés spéciaux de RFI venaient tout juste de terminer une entrevue avec un chef rebelle touareg près de Kidal lorsqu'ils ont été enlevés.

AQMI a revendiqué la responsabilité des meurtres sur le site Sahara Médias, une plateforme qui a déjà servi aux jihadistes pour transmettre leurs messages.

Le groupe terroriste affirme que les journalistes ont été tués en représailles face aux «crimes quotidiens» commis par les militaires français et maliens dans le nord du Mali, où la France a mené en janvier une opération pour tenter d'éradiquer les extrémistes islamistes dans la région.

L'organisation considère que le décès des deux journalistes ne constitue qu'une «maigre part du prix que devront payer le président François Hollande et son peuple dans leur nouvelle croisade», affirme le communiqué publié par Sahara Médias.

Le site Web indique que la brigade d'extrémistes responsable de la mort des journalistes relève d'Abdelkarim al-Targui. Cet homme serait aussi derrière l'enlèvement de deux autres Français, Philippe Verdon et Serge Lazarevic, en 2011 à Hombori, dans le nord du Mali. Philippe Verdon a été exécuté plus tôt cette année, mais Serge Lazarevic demeure en captivité.