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06/11/2013 01:00 EST | Actualisé 06/01/2014 05:12 EST

Le crime environnemental coûte des milliards de dollars

NAIROBI, Kenya - L'exploitation forestière illégale et le braconnage des éléphants et des rhinocéros font partie d'une vague de criminalité environnementale qui s'accélère et à laquelle les gouvernements du monde doivent s'attaquer, ont prévenu des responsables mercredi.

L'agence policière internationale Interpol et le Programme des Nations Unies pour l'environnement (UNEP) collaborent pour mettre fin à des crimes environnementaux qui engendrent des coûts de plusieurs dizaines de milliards de dollars chaque année, a dit le directeur exécutif de l'UNEP, Achim Steiner.

Quelque 500 experts policiers et environnementaux sont réunis cette semaine à Nairobi, au Kenya, pour discuter du problème.

«C'est un phénomène mondial. C'est un marché mondial. Ce sont des organisations mondiales, des criminels qui participent à ces activités», a dit M. Steiner.

La demande pour l'ivoire alimentée par une classe moyenne chinoise de plus en plus prospère provoque la mort de milliers d'éléphants chaque année, affirment des experts. Quelque 17 000 éléphants auraient été abattus illégalement en Afrique en 2011, selon l'UNEP.

Des douaniers chinois ont annoncé, cette semaine, le démantèlement de deux réseaux de braconniers qui auraient importé pour 100 millions $ US en ivoire d'éléphants depuis l'Afrique vers la Chine, selon ce qu'a indiqué mercredi le Fonds international pour la protection des animaux (IFAW). Le groupe a ajouté que les autorités tanzaniennes ont dévoilé, aussi cette semaine, la saisie de 706 défenses dans la demeure de trois commerçants chinois dans la capitale, Dar es-Salaam.

Le président de l'IFAW, Azzedine Downes, a demandé aux leaders nationaux de s'engager à mettre sur pied des groupes de travail pour lutter contre la criminalité environnementale.

«Les habitants de toute la planète sont furieux de voir des réseaux criminels organisés dépouiller la planète de ses éléphants, de ses rhinocéros, de ses tigres et de ses autres animaux, uniquement pour le profit de quelques bandits», a-t-il lancé.

Pour sa part, le procureur général du Kenya, Githu Muigai, a révélé que les parlementaires de son pays pourraient bientôt adopter une loi qui alourdirait grandement les peines imposées aux traficants et braconniers. Il a ajouté qu'une nouvelle unité paramilitaire antibraconnage formée cette année a eu un impact important.

Au moins 90 éléphants et 35 rhinocéros ont été abattus au Kenya depuis le début de l'année.