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06/11/2013 07:07 EST | Actualisé 06/01/2014 05:12 EST

La teneur de l’atmosphère en gaz à effet de serre a atteint un niveau inégalé

GENÈVE - L’Organisation météorologique mondiale (OMM) affirme que la teneur de l’atmosphère en gaz à effet de serre a atteint un niveau inégalé en 2012.

D’après son plus récent bulletin, la quantité de CO2 présente dans l’atmosphère du globe a atteint 393,1 parties par million l'an dernier. Elle a ainsi augmenté de 2,2 parties par million par rapport à l'année précédente.

Ce total est bien au-delà des 350 parties par million considérées par certains scientifiques et groupes environnementaux comme l'extrême limite pour un niveau sécuritaire.

La hausse est également supérieure à la moyenne des dix dernières années, soit 2,02 parties par million, ce qui dénote une accélération de la tendance.

Si le rythme actuel se maintient, l'organisation s'attend à ce que la teneur annuelle moyenne en CO2 à l’échelle du globe dépasse le seuil de 400 parties par million en 2015 ou 2016.

Pendant l’année 2012, les concentrations mensuelles relevées par plusieurs stations dans l’Arctique ont franchi le seuil symbolique de 400 parties par million.

En 2013, les données horaires et quotidiennes ont excédé cette valeur ailleurs dans le monde, notamment à l'observatoire du volcan Mauna Loa, à Hawaï.

Selon des scientifiques, la dernière époque à laquelle la concentration de CO2 était aussi importante dans l'atmosphère terrestre remonte à plusieurs millions d'années, lorsque le niveau de l'océan était plus élevé.

La concentration de dioxyde de carbone atteignait environ 280 parties par million avant la Révolution industrielle.

Emprisonnant la chaleur à la façon d'une serre, le dioxyde de carbone représente les trois quarts des gaz captant l'énergie calorique qui, disent les chercheurs, entraînent la hausse du niveau des océans, la fonte des glaciers et des changements dans les phénomènes météorologiques. Le méthane, un autre gaz destructeur, retient bien mieux la chaleur, mais a une durée de vie plus limitée.

Le méthane dans l'atmosphère a pour sa part atteint une concentration de 1819 parties par milliard en 2012, ce qui représente 260 pour cent de la concentration pré-industrielle. Le méthane provient de sources naturelles telles que les terres humides et les termites, mais environ 60 pour cent du gaz est émis par l'industrie de l'élevage, la culture du riz, les décharges et d'autres activités humaines.

La quantité croissante de gaz à effet de serre dans l'atmosphère démontre de quelle façon les humains ont «modifié l'équilibre naturel de notre atmosphère, et sont un contributeur majeur aux changements climatiques», affirme Michel Jarraud, le secrétaire général de l'OMM.

Le dioxyde de carbone demeure dans l'atmosphère pendant un siècle, parfois plus longtemps, ce qui signifie qu'une bonne part du réchauffement climatique futur est déjà assurée.

Selon le Groupe international d'experts sur le climat (GIEC), la famine, la pauvreté, les inondations, les vagues de chaleur, les sécheresses, la guerre et les maladies ne feront qu'empirer alors que la planète se réchauffe sous l'influence des changements climatiques provoqués par l'homme.

Le réchauffement planétaire depuis 1950 est «sans précédent», affirme le GIEC, et la Terre se réchauffera d'au moins 1,1 degré Celsius au cours du 21e siècle, à moins que la planète ne réduise ses émissions de façon draconienne, ce qui semble improbable.