NOUVELLES
06/11/2013 05:11 EST | Actualisé 05/01/2014 05:12 EST

Explosion chez Neptune : le rapport des pompiers permet de mieux comprendre ce qui se serait passé

Il y aura un an le 8 novembre, une explosion soufflait une bonne partie de l'usine Neptune Technologie et Bioressources, à Sherbrooke, faisant trois morts et 18 blessés. Le rapport d'enquête du Service de protection contre les incendies, dont Radio-Canada a obtenu copie, permet de mieux comprendre ce qui se serait passé. 

Jusqu'à tout récemment, une hypothèse était qu'un réservoir d'acétone, une substance hautement inflammable, avait explosé chez le fabriquant d'huile de krill. Le rapport d'enquête du Service de protection contre les incendies apporte plus de précisions. Un plan révèle que les réservoirs d'acétone se trouvaient dans la salle de production alors que l'explosion, elle, serait survenue à l'extérieur de la salle, au bout d'un corridor.

D'après les témoignages recueillis par l'enquêteur, et qui sont inscrits dans le rapport, on apprend que « l'acétone coulait le long des murs dans le corridor et couvrait une partie du plancher ». 

« Pourquoi est-ce qu'il y a de l'acétone ou des matières inflammables dans un corridor? Ça restera à déterminer, mais vous comprendrez que moi, ce n'est pas mon travail. Ça relève de la CSST », affirme Gaétan Drouin, chef du Service de protection contre les incendies de Sherbrooke.

Enquête de la CSST

La CSST, qui devrait rendre son rapport en 2014, refuse de nous accorder une entrevue. Selon les pompiers, l'incendie a été causé par « l'inflammation des vapeurs d'acétone par une source d'électricité indéterminée » dans le corridor. C'est d'ailleurs dans ce même corridor, mais à l'autre bout, que les corps de deux des trois victimes ont été retrouvés.

« Il y a des éléments de sécurité sur une station-service, une industrie c'est la même chose. Dans le cas de Neptune, il y en avait. Est-ce que c'était suffisant? Sur un procédé industriel, un service incendie n'a pas l'ensemble des compétences pour être en mesure de parler d'une sécurité industrielle », indique le chef Gaétan Drouin.

En se fiant aux normes du ministère de la Sécurité publique, le lieutenant Alexandre Groleau écrit aussi ceci dans son rapport. « Le bâtiment était de catégorie 3, ce qui indiquait que la quantité de matières dangereuses sur les lieux ne devait pas être en grande quantité... ce qui n'était pas le cas », peut-on lire dans le document.

Rien ne permet par ailleurs d'affirmer qu'une classification différente aurait pu changer quelque chose le 8 novembre 2012. Les pompiers de Sherbrooke se donnent par ailleurs une excellente note pour leur intervention.

Dans un entretien téléphonique, la direction de Neptune affirme vouloir attendre le rapport de la CSST avant de se prononcer.