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05/11/2013 12:10 EST | Actualisé 05/01/2014 05:12 EST

Un audit dénonce le manque d'actions fédérales pour protéger l'environnement

OTTAWA - Le patrimoine naturel du Canada est négligé par le gouvernement fédéral, selon un important audit des politiques en matière de protection de l'environnement.

Un rapport d'étude en neuf chapitres du commissaire à l'environnement et au développement durable du Canada, Neil Maxwell, déplore avec insistance le manque de stratégies, de plans et de ressources requis pour maintenir et améliorer tout ce qui concerne le milieu naturel, de la biodiversité aux espèces menacées, en passant par les parcs nationaux.

«Puisqu'il n'a pas fait de bilan environnemental, un des engagements qu'il n'a pas respectés, le gouvernement doit démontrer qu'il est sérieux dans la prise de mesures concrètes», a déclaré M. Maxwell lors d'une conférence de presse.

«Je vois un écart important entre les engagements du gouvernement et les résultats», écrit aussi M. Maxwell dans la préface du rapport.

En guise d'exemple, les plans d'action de 31 des 54 aires protégées sont désuets, et huit n'ont aucun plan de gestion. Seulement sept des 97 plans de rétablissement requis par la Loi sur les espèces en péril de 2003 sont en place. De plus, Parcs Canada a «développé un solide cadre de travail de politiques, de directives et de principes directeurs» pour l'intégrité écologique, mais n'a pas établi de système scientifique crédible de surveillance et d'évaluation.

Cette inquiétude du commissaire envers l'attitude du gouvernement fédéral s'est confirmée quelques heures après le dépôt de l'audit, mardi matin à la Chambre des communes, lorsque la ministre de l'Environnement, Leona Aglukkaq, a publié une réponse qui faisait fi de la position très claire du rapport.

«En tant que nation arctique possédant une biodiversité riche et caractéristique du Nord, le Canada continue de renforcer ses mesures de protection environnementale, qui feront des écosystèmes en santé qui seront bénéfiques pour l'économie et la santé des Canadiens», dit-elle dans sa déclaration.

Bien que le gouvernement conservateur se targue de vouloir créer de nouveaux parcs nationaux et des zones protégées, l'audit déposé mardi au Parlement fait douter de la sincérité du gouvernement.

Le Canada n'a d'ailleurs pas encore établi de stratégies — ni même commencé à identifier les actions prioritaires — pour atteindre ses objectifs sur la biodiversité de 2020, fixés dans le cadre d'un traité de l'ONU en 1992. Le premier ministre de l'époque, le progressiste-conservateur Brian Mulroney, était parmi les premiers signataires du traité.

«Sans définition claire de ses rôles et priorités d'action, Environnement Canada aura du mal à déterminer les réalisations du ministère et les ressources requises», affirme l'audit.

Le gouvernement s'inquiète peu que le Canada soit encore loin de l'objectif d'un autre engagement international, celui d'une réduction d'ici 2020 des gaz à effet de serre de 17 pour cent sous le niveau de 2005.

Mais l'audit pourrait piquer le gouvernement Harper en cela qu'il a déployé des efforts considérables pour promouvoir les parcs nationaux canadiens et les aires protégées.

Des plans de gestion de quelque 12,4 millions d'hectares de réserves désignées datent pour la plupart de 1992, selon le rapport, qui a trouvé au moins cinq zones protégées (70 pour cent) et 22 réserves d'oiseaux migrateurs (55 pour cent) qui auraient dû être retirés de la liste parce qu'ils ne rencontrent plus les critères pour aspirer à ce statut.

Et c'est sans parler des coupes de budgets dans la conservation, le personnel scientifique et les employés des parcs nationaux.

La porte-parole du NPD en matière d'environnement, Megan Leslie, accuse le gouvernement d'avoir géré le dossier de la protection de la biodiversité «de façon incompétente».

«Qu'il s'agisse de la capacité scientifique, de la conservation des écosystèmes ou, encore, de la protection des espèces en danger, le gouvernement a misérablement échoué», a-t-elle estimé mardi dans un communiqué.