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05/11/2013 09:56 EST | Actualisé 05/01/2014 05:12 EST

Syrie: pas de conférence de paix cette année, dit Lakhdar Brahimi

DAMAS, Syrie - L'émissaire de l'ONU et de la Ligue arabe en Syrie, Lakhdar Brahimi, a indiqué mardi que les diplomates ont été incapables de s'entendre sur la tenue d'une conférence de paix cette année.

M. Brahimi a toutefois prévenu, lors d'une conférence de presse à Genève, que tout espoir n'est pas perdu.

«(Nous) tentons toujours de voir si nous pouvons organiser une conférence d'ici la fin de l'année», a-t-il dit.

Les diplomates se sont heurtés à de nombreux obstacles, mardi. Les puissances mondiales n'ont pas réussi à s'entendre sur les mesures diplomatiques nécessaires pour mettre fin aux combats et sur la composition du leadership syrien après le départ éventuel du gouvernement de Bachar el-Assad.

Le régime Assad a fait savoir qu'il n'était pas prêt à négocier un transfert des pouvoirs pendant que son principal allié, la Russie, insistait de nouveau sur la présence de l'Iran, un autre allié de la Syrie, à toute négociation. Pour sa part, l'opposition syrienne exige que M. Assad soit exclu de tout nouveau leadership avant d'entreprendre les pourparlers.

Le secretaire d'État des États-Unis, John Kerry, a déclaré lors d'une conférence de presse à Varsovie, en Pologne, que le gouvernement Assad sait qu'une deuxième conférence de presse à Genève pourrait se révéler utile.

«Je ne comprends pas qu'on puisse penser que l'opposition va accepter qu'Assad puisse rester en poste, a-t-il dit. Et le gouvernement syrien a accepté de venir à Genève, et donc j'espère que le gouvernement syrien, les Russes, les Iraniens et les autres qui appuient le régime syrien vont s'assurer que le régime respecte son obligation de venir à Genève pour négocier une fin pacifique au conflit.»

Par ailleurs, le chef de l'agence qui supervise le démantèlement de l'arsenal chimique syrien a révélé que la Syrie souhaite que cet arsenal soit détruit à l'extérieur de son territoire, en raison de la guerre civile.

Le directeur général de l'Organisation pour l'interdiction des armes chimiques (OIAC), Ahmet Uzumcu, a déclaré au conseil exécutif du groupe que la proposition syrienne de détruire l'arsenal dans un autre pays demeure l'option la plus viable.

On ne sait toutefois pas où l'opération pourrait être menée. La Norvège a déjà refusé de s'en occuper et aucun autre pays de n'est encore manifesté.

M. Uzumcu a ajouté mardi que la Syrie a déjà détruit 99 obus chimiques vides et que les opérations se poursuivent pour en détruire d'autres dans six sites à travers le pays.

De plus, un obus de mortier a frappé l'édifice qui abrite l'ambassade du Vatican à Damas, selon ce que rapportent des témoins, lors de la plus récente attaque à avoir ciblé des missions diplomatiques étrangères dans la capitale syrienne.

Le toit de l'édifice a été endommagé, mais on ne sait pas si l'attaque visait directement l'ambassade vaticane, qui se trouve à proximité du quartier huppé d'Abou Roummaneh.

On ne rapporte aucun blessé et l'attaque n'a pas été revendiquée.

Le porte-parole du Vatican, le père Federico Lombardi, a indiqué que le pape François a été informé de l'événement. Il s'est ensuite félicité que l'attaque se soit produite en tout début de journée, vers 6h30, quand l'édifice était essentiellement vide.

Enfin, l'ONU a prévenu mardi que 40 pour cent de la population syrienne a maintenant besoin d'une aide humanitaire.

La guerre civile qui dévaste le pays a poussé plus de 9 millions de Syriens à réclamer l'aide des Nations unies ou d'autres agences humanitaires. Quelque 6,5 millions de personnes ont été déplacées à l'intérieur même du pays, un nombre plus élevé que les estimations précédentes.

«C'est estomaquant; c'est un désastre et ça continue», a dit Jens Laerke, du Bureau de la coordination des affaires humanitaires de l'ONU.