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05/11/2013 05:30 EST | Actualisé 05/01/2014 05:12 EST

Les corps des journalistes tués au Mali rapatriés en France

Les dépouilles des deux journalistes français assassinés samedi au Mali ont été rapatriées en France. Le président François Hollande était à l'aéroport de Roissy, près de Paris, pour les accueillir.

Les journalistes Ghislaine Dupont et Claude Verlon, qui travaillaient pour Radio France Internationale (RFI), ont été enlevés puis tués à Kidal, dans le nord du Mali. Ils venaient de réaliser une entrevue avec un représentant des rebelles touaregs.

« On suit toutes les pistes », a dit Laurent Fabius, le ministre français des Affaires étrangères. À propos des meurtriers, le chef de la diplomatie française a ajouté que « leur châtiment devra être exemplaire ».

L'enquête progresse

Selon une source sécuritaire malienne, au moins 35 personnes ont été arrêtées depuis deux jours.

Une source administrative à Kidal a évoqué des dizaines d'arrestations en territoire malien.

La même source a indiqué que « de précieux numéros de téléphone » avaient été trouvés dans la voiture abandonnée près du lieu du crime.

« Nous avons plus que des indices, des sous-traitants [ceux qui enlèvent des otages pour le compte d'un groupe armé, NDLR] actuellement en prison pour une affaire d'enlèvement d'otages français en 2011, ont également permis de prendre de bonnes pistes dans l'enquête », a ajouté la source sécuritaire malienne.

Par ailleurs, des policiers français sont arrivés lundi à Bamako pour participer à l'enquête.

Le quotidien français Le Monde a rapporté que « trois des quatre personnes ayant participé à la prise d'otage [des deux journalistes] ont été identifiées ».

Le journal précise qu'un document retrouvé dans le véhicule abandonné « a permis d'identifier un premier individu déjà fiché, en 2010, comme un membre d'AQMI [Al-Qaïda au Maghreb islamique], et de remonter sur deux autres membres du commando ».

Ces trois suspects seraient connus des services secrets français.

Des renforts

La mort des deux journalistes français illustre l'incapacité des troupes françaises, maliennes et de l'ONU à sécuriser l'ensemble du pays.

Toutefois, le calendrier de l'opération de l'armée française au Mali, l'opération Serval, ne sera pas modifié par les événements, selon le ministre Fabius.

« Immédiatement, le président de la République a décidé de renforcer, par déplacement géographique, notre présence du sud vers Kidal, mais cela ne remet pas en cause le calendrier général de présence, puis de réduction de présence de la force française », a-t-il affirmé sur les ondes de RFI.

De plus, 150 soldats français ont été envoyés à Kidal en renforts aux quelque 200 qui s'y trouvaient déjà.

Paris maintient une présence de 3000 hommes dans le pays. Ce nombre devrait décroître dans les prochains mois pour atteindre un millier de soldats cet hiver.

« Le président IBK [Ibrahim Boubacar Keita] est celui qui doit prendre des décisions et la France est à ses côtés. [...] Dans les jours qui viennent, nous serons peut-être amenés à prendre un certain nombre de décisions », a ajouté le chef de la diplomatie française, sans donner plus de précisions.

La France s'est directement impliquée dans le conflit malien en janvier, pour arrêter la progression des combattants islamistes vers la capitale, et pour les déloger du nord du pays, qu'ils contrôlaient à ce moment.

La crise malienne