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04/11/2013 09:18 EST | Actualisé 04/01/2014 05:12 EST

Mali: cinq personnes sont arrêtées après les meurtres des journalistes de RFI

DAKAR, Sénégal - Les soldats français qui ont retrouvé les corps de deux journalistes tués dans le nord du Mali ont suivi des traces dans le sable près des corps afin de pourchasser les kidnappeurs, une démarche qui a mené à l'arrestation de cinq personnes lundi, selon un responsable des autorités militaires maliennes.

Selon ce responsable, le véhicule des ravisseurs est tombé en panne, ce qui pourrait les avoir incités à tuer leurs deux otages.

Le directeur de Radio France Internationale a annoncé l'arrestation de plusieurs suspects, bien que les autorités gouvernementales françaises n'aient émis aucune confirmation en ce sens. On ignore encore, par ailleurs, qui étaient les ravisseurs et s'ils avaient des liens avec des séparatistes touarègues ou des militants d'al-Qaïda qui sont actifs dans la région.

Les meurtres de Ghislaine Dupont, une correspondante âgée de 57 ans, et de Claude Verlon, un technicien de production âgé de 55 ans, ont sidéré la France. Il s'agit aussi d'un attentat jamais vu à l'endroit de journalistes occidentaux au Mali, où la France a dirigé une opération militaire, plus tôt cette année, destinée à libérer la vaste région du nord de la présence d'extrémistes islamistes.

Les vétérans journalistes avaient été enlevés dans la ville agitée de Kidal, dans le nord du pays, peu de temps après avoir complété une entrevue avec un leader des rebelles touarègues. Les deux victimes avaient été retrouvées à quelques mètres seulement d'un véhicule qui était tombé en panne.

Le ministre français des Affaires étrangères, Laurent Fabius, a déclaré que les deux journalistes avaient été «froidement assassinés». Mme Dupont a été touchée par deux balles à la poitrine tandis que M. Verlon a été atteint de trois projectiles à la tête.

Le responsable militaire malien, qui contribue aux activités des services de renseignement, a indiqué que le volant du véhicule s'est brisé, possiblement dû à un accident. Les enquêteurs étudient la théorie selon laquelle les ravisseurs, une fois privés d'une voiture en état de marche, aient jugé qu'il était plus simple de tuer les otages plutôt que ceux-ci marchent avec eux.

La plupart des Occidentaux enlevés dans cette région ont été détenus en retour de rançons — une source de revenus fort lucrative pour al-Qaïda au Maghreb islamique, la branche de l'organisation terroriste dans la région.

Au moins l'un des cinq suspects arrêtés par la force Serval française ferait partie du groupe de quatre personnes que des témoins ont rapporté avoir vu au moment de l'enlèvement, a rapporté le responsable malien. Les suspects ont été transférés de Kidal à Gao, où les forces françaises possèdent une base.

Cecile Megie, directrice à Radio France Internationale, a confirmé lundi que des arrestations avaient été effectuées, mais n'a fourni aucun détail lors d'une entrevue accordée au réseau iTélé. M. Fabius n'a pu confirmer les arrestations, le ministère français de la Défense n'avait pas répondu aux demandes d'entrevues.

Les corps des journalistes ont été transportés vers Bamako, la capitale du Mali, au cours du week-end. Lundi soir, leurs cercueils ont été placés sur des tribunes sur le tarmac d'un aéroport, et des responsables maliens, accompagnés des supérieurs de Mme Dupont et de M. Verlon, ont témoigné leurs respects aux victimes.

Leurs dépouilles devraient arriver à Paris par vol spécial mardi.

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