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04/11/2013 02:47 EST | Actualisé 04/01/2014 05:12 EST

Le Brésil aurait espionné des diplomates et propriétés de pays étrangers

RIO DE JANEIRO - Le gouvernement du Brésil a confirmé lundi que ses services de renseignement avaient ciblé des propriétés et diplomates situés aux États-Unis, en Russie, en Iran et en Irak lors d'activités d'espionnage menées il y a environ dix ans à Brasilia, la capitale du pays.

Cette surveillance à relative basse échelle a été rapportée par le journal «Folha de S. Paulo», à partir de documents obtenus de l'Agence de renseignement brésilienne Abin.

L'article décrit un niveau de surveillance dont l'ampleur n'approche nullement celles menées par l'Agence nationale de la sécurité des États-Unis (NSA), des initiatives relatées en détail dans des milliers de documents coulés par Edward Snowden.

Ces révélations ont toutefois forcé le gouvernement brésilien à défendre ses activités d'espionnage tout en demeurant le plus virulent détracteur des programmes de la NSA, qui ont ciblé de façon soutenue les communications au Brésil, incluant les conversations téléphoniques et les courriels de la présidente Dilma Rousseff. Cette dernière a d'ailleurs annulé une visite à Washington en guise de riposte.

Dans une déclaration acheminée par courriel, le Cabinet de la sécurité institutionnelle du Brésil, qui supervise l'agence Abin, a affirmé que les opérations citées dans l'article du journal Folha «respectent la loi du Brésil pour la protection des intérêts nationaux».

Dans sa déclaration, le Cabinet dit envisager intenter des poursuites contre toute personne qui aurait coulé l'information au journal.

Mme Rousseff a déclaré que le programme de la NSA, qui a amassé des données sur des milliards d'appels téléphoniques et courriels partout au Brésil, représente une violation des droits de la personne. Le Brésil a servi de cible en partie parce que ce pays représente un important point de transition transatlantique pour les câbles de fibre optique, qui transportent la majorité des communications mondiales.

La semaine dernière, le Brésil et l'Allemagne ont demandé à l'Assemblée générale des Nations unies d'adopter une résolution demandant à tous les pays de protéger le droit à la vie privée garanti en vertu des lois internationales.

La proposition insiste sur le fait que la surveillance illégale et l'interception de communications, de même que la collecte illégale de données personnelles, «représentent des gestes hautement envahissants qui transgressent le droit à la vie privée et la liberté d'expression, et peuvent menacer les bases d'une société démocratique».