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03/11/2013 10:36 EST | Actualisé 03/01/2014 05:12 EST

Une victime de la dictature de Pinochet est dédommagée par un tribunal

SAN JOSÉ, Costa Rica - Le gouvernement chilien devra verser 32 000 $ US à un exilé chilien pour compenser près de deux ans d'arrestation et de torture sous la dictature d'Augusto Pinochet, a jugé la Cour inter-américaine des droits de l'homme.

Cette décision du tribunal sis au Costa-Rica survient dans l'affaire de Leopoldo Garcia Lucero, qui vit en Grande-Bretagne depuis 1975. Il s'agit du premier jugement favorable à un survivant de la dictature de Pinochet, qui a duré de 1973 à 1990.

Le jugement a été rendu le 28 août, et les parties ont été informées mercredi, mentionne le site Internet de la cour.

M. Garcia Lucero a été exilé par le ministère chilien de l'Intérieur après avoir été écroué et torturé dès le début de la dictature, en septembre 1973, et ce jusqu'en juin 1975.

Selon des documents déposés en cour, après le retour de la démocratie au Chili, M. Garcia Lucero a envoyé une lettre aux autorités chiliennes appropriées en décembre 1993 pour être exonéré, mais le gouvernement s'est retrouvé coupable de «délai indu» dans l'examen de sa requête.

En 2004, une commission spéciale a présenté un rapport au gouvernement, document qui donnait la liste des prisonniers politiques ayant été torturés, et le nom de M. Garcia Lucero s'y trouvait, mais les autorités n'ont malgré tout pas enquêté sur sa plainte, révèlent les documents.

Ce n'est pas avant octobre 2011, après le dépôt d'une plainte devant la Cour d'appel dans la capitale chilienne, que des responsables ont commencé à examiner le dossier de «l'emprisonnement politique» de M. Garcia Lucero, précise la cour de défense des droits.

Selon cette dernière, le délai de 16 ans et 10 mois a violé les responsabilités du Chili en vertu des conventions sur les droits de l'homme et d'autres traités consistant à mener et à conclure une enquête au terme d'une période raisonnable.

La dictature a emprisonné des milliers de personnes considérées comme de présumés éléments subversifs, et le gouvernement chilien estime que 3095 personnes ont été tuées sous le règne de Pinochet.