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03/11/2013 08:58 EST | Actualisé 03/01/2014 05:12 EST

Kosovo: des élections locales sont troublées par des nationalistes serbes

Des Serbes tenants de la ligne dure, dans le nord du Kosovo, ont intimidé des électeurs potentiels et étaient soupçonnés d'avoir attaqué un bureau de vote lors d'élections locales, dimanche.

Ces gestes soulignent les mauvaises relations entre le Kosovo et la Serbie, alors même que les deux États tentent de resserrer leurs liens avec l'Union européenne (UE).

Il s'agissait de la première occasion où tous les Kosovars étaient appelés à élire des conseillers locaux et des maires depuis la séparation de la Serbie, en 2008.

La participation, dans cette élection, de la minorité serbe au Kosovo était surveillée étroitement. L'intégration des Serbes dans la vie politique kosovare est l'un des points majeurs d'une entente conclue entre la Serbie et le Kosovo par l'UE qui vise à régler leurs disputes et débloquer des fonds européens.

Les tactiques des nationalistes serbes, toutefois, ont semblé réduire la participation électorale, et soulevé les craintes que la Servie n'ait pas tenu sa promesse de cesser de nourrir la méfiance chez les Serbes du Kosovo, particulièrement dans le nord, où ils sont majoritaires.

Le président kosovar Atifete Jahjaga a mis en garde ces tenants de la ligne dure de ne pas saper l'influence du gouvernement central de Pristina.

Par voie de communiqué, le président a assuré que de tels actes seraient contrés par l'«appareil sécuritaire» pour établir un État de droit.

Ces commentaires sont survenus après qu'un groupe de quelque 30 hommes masqués eurent fait irruption dans le bureau de vote en fin d'après-midi, fracassant des fenêtres avant de déchirer du matériel électoral.

Le premier ministre serbe, Ivica Dacic, a pressé les Serbes du nord du Kosovo de défier les menaces et la campagne anti-électorale, et d'aller voter. Il affirme que la participation à cette élection est dans l'intérêt des Serbes kosovars.

Environ 1,8 million de personnes étaient inscrites sur les listes électorales de 39 municipalités, et devaient élire des maires et des conseillers municipaux. Le taux de participation oscillait autour de 46 pour cent, à l'exception du nord à dominance serbe, à la fermeture des bureaux de votes, à 13 heures, heure de Montréal.

Certains Serbes craignent que l'élection ne valide la sécession du Kosovo. Les États-Unis et la majorité des 28 États membres de l'UE ont reconnu le nouvel État, mais la Serbie rejette l'indépendance de son ancienne province, comme le font plusieurs Serbes vivant désormais au Kosovo.