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03/11/2013 08:46 EST | Actualisé 03/01/2014 05:12 EST

Iran : Khamenei appuie les négociations sur le nucléaire

L'ayatollah Ali Khamenei a apporté dimanche un soutien appuyé aux négociations sur le programme nucléaire iranien et a prévenu les partisans d'une ligne dure de ne pas accuser à tort le président Hassan Rohani de se compromettre avec le « Grand Satan » américain.

Cette prise de position du guide suprême de la République islamique semble destinée à renforcer la position du nouveau président iranien alors que les négociations avec les grandes puissances (P5+1) doivent reprendre jeudi à Genève.

Depuis son élection en juin, Hassan Rohani a exprimé le souhait de parvenir à un accord avec les États-Unis, la Russie, la Chine, la France, la Grande-Bretagne et l'Allemagne, afin d'obtenir l'assouplissement des sanctions internationales qui visent les exportations de pétrole iranien et plombent l'économie de la République islamique.

Les conservateurs iraniens ont cependant mis en garde contre toute concession qui donnerait l'impression que l'Iran est prêt à transiger sur ce qu'il présente comme son droit inaliénable à développer une technologie nucléaire civile.

« Personne ne devrait considérer nos négociateurs comme des gens qui se compromettent », leur a répondu dimanche l'ayatollah Khamenei dans un discours prononcé à la veille du 34e anniversaire de la prise de l'ambassade des États-Unis à Téhéran, le 4 novembre 1979.

« Leur mission est difficile et personne ne doit affaiblir un officiel qui fait son travail », a ajouté le guide suprême, cité par l'agence Isna.

« Un ennemi qui sourit »

L'ayatollah Khamenei, réel détenteur du pouvoir en Iran, a répété qu'il n'était pas très optimiste quant à l'issue des négociations, mais il a précisé qu'il ne voyait pas de raison de ne pas les mener.

« Avec la volonté de Dieu, ces négociations ne nous seront pas préjudiciables [...] Si les négociations aboutissent, tant mieux, mais si ce n'est pas le cas, cela signifie que le pays devra voler de ses propres ailes », a-t-il dit.

Le guide suprême a reproché aux États-Unis d'imposer des sanctions à l'Iran et de brandir la menace d'une intervention militaire contre le programme nucléaire.

« Nous ne devons pas faire confiance à un ennemi qui sourit », a estimé Ali Khamenei. « D'un côté les Américains font des sourires et se disent prêts à négocier, et de l'autre ils ajoutent aussitôt que toutes les options sont sur la table. »

Barack Obama a déclaré en septembre que Washington garderait « toutes les options ouvertes, y compris les options militaires, pour s'assurer qu'il n'y aura pas d'armes nucléaires en Iran ».

Téhéran assure que son programme est pacifique, mais n'a pas accepté, jusqu'à présent, de renoncer à enrichir l'uranium à 20 % - un degré bien plus élevé que ce qui est nécessaire pour une activité civile -, ni de transférer à l'étranger ses stocks d'uranium hautement enrichi, comme les P5+1 le lui ont proposé en échange d'un allègement des sanctions internationales.

Reuters