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02/11/2013 12:46 EDT | Actualisé 02/01/2014 05:12 EST

Les yeux sur Patrick Roy

Il fallait être audacieux pour prédire, en septembre, que l'Avalanche du Colorado trônerait au sommet du classement général de la Ligue nationale après un mois. Et il fallait être carrément cinglé pour ajouter que l'équipe présenterait la meilleure défense du circuit.

Un texte de Guillaume Lefrançois Twitter Courriel

C'est pourtant le défi qui attend le Canadien (8-6-0), samedi, dans ce qui sera le deuxième match en deux soirs d'un long voyage au Minnesota et à Denver.

Avec une défense composée Jan Hejda, Erik Johnson et autres Nate Guenin - bref, des arrières qu'on ne confondra jamais avec Nicklas Lidstrom - l'Avalanche (11-1-0) affiche une moyenne de buts accordés de 1,50, la meilleure de la LNH.

D'aucuns souligneront le travail accompli par l'entraîneur des gardiens de l'équipe, François Allaire, avec Semyon Varlamov (accusé cette semaine de voies de fait et d'enlèvement) et Jean-Sébastien Giguère.

À la bonne place au bon moment

André Benoît fait partie de cette brigade défensive un peu suspecte. L'ancien des Sénateurs d'Ottawa s'est joint à l'Avalanche l'été dernier, en tant que joueur autonome, sous promesse qu'il aurait la chance de prouver qu'il mérite de jouer tous les soirs dans la LNH.

Jusqu'ici, c'est plutôt réussi pour le Franco-Ontarien, utilisé en moyenne 20 min 30 s par match, le 3e total chez les défenseurs de l'Avalanche. Ses cinq points représentent un sommet à sa position parmi les siens.

« On suit bien nos systèmes, estime Benoît, au bout du fil. Et ça aide beaucoup la confiance quand tu sais que les gardiens derrière seront bons. Giggy a été bon quand il a eu ses chances, Varlamov a été très bon. »

Évidemment, Benoît a tenu de bons mots pour Roy.

« C'est un coach vraiment calme. C'est peut-être dur à croire avec ce qu'on voit dans les médias, mais il sait ce qu'il veut, ses systèmes sont bons. Il a gagné dans la LNH, il est au Temple de la renommée, donc les gars l'écoutent. Et quand tout le monde embarque, ça aide. »

Les succès de l'Avalanche sont également l'affaire des alliés de Roy, selon Benoît.

« André Tourigny est l'entraîneur des défenseurs, il fait une bonne job, il gère bien le match. On a aussi Adam Foote qui nous aide aux entraînements à la maison en nous donnant plusieurs petits trucs. »

Connu de l'ennemi

Si l'entraîneur recrue le plus en vue dans la Ligue nationale s'attire les éloges de ses protégés, il est également admiré dans le vestiaire du Canadien. Peter Budaj est possiblement le mieux placé pour parler, lui qui a participé à son tout premier camp professionnel avec l'Avalanche, il y a une dizaine d'années. Roy portait encore les jambières.

« C'était un bel honneur, j'étais jumelé à lui et il a été très gentil avec moi, a raconté Budaj, plus tôt cette semaine. Il m'a donné des petits trucs, c'était facile de lui parler, il était accessible. »

Même dans la Slovaquie natale de Budaj, « Casseau » était reconnu à sa juste valeur.

« Je savais qui il était, on avait la télévision en Slovaquie!, rappelle à la blague le gardien du Canadien. Je savais qu'il était possiblement le meilleur gardien de l'histoire. Je vais toujours garder le souvenir d'un camp assez spécial. »

C'est justement à Budaj qu'incombera la tâche d'arrêter l'Avalanche samedi. Il s'agira du tout premier match de sa carrière contre son ancien employeur.

Un record à égaler

Parlant de Budaj, il pourrait inscrire son nom là où celui de Patrick Roy apparaît à bien des endroits : dans le livre des records du Canadien.

Avec un gain samedi, Budaj égaliserait le record d'équipe de 11 victoires de suite, propriété du légendaire George Hainsworth depuis 1927.

Le numéro 31, parfait en deux sorties cette saison, n'a pas subi la défaite en saison depuis le 7 février dernier, à Buffalo. Il avait certes accordé trois buts aux Penguins en première période le 17 avril dernier, avant d'être retiré du match, mais la défaite avait été octroyée à Carey Price, victime du but gagnant.

Alors, comment se sent-on de penser qu'on pourrait rééditer un record de George Hainsworth? Ou plutôt, pour un athlète qui vient de loin, qui est George Hainsworth?

« Je connais le nom, ça sonne une cloche », de conclure Budaj.