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11/10/2013 06:31 EDT | Actualisé 11/12/2013 05:12 EST

Les entreprises sont de plus en plus pessimistes, constate la Banque du Canada

OTTAWA - La lenteur de la reprise économique mondiale rend de plus en plus pessimistes les entreprises canadiennes, qui souhaitent constater des signes de progrès avant d'accroître leurs embauches et investissements, constate la Banque du Canada dans une étude rendue publique vendredi.

Les conclusions de l'Enquête sur les perspectives des entreprises menée par la banque centrale sont de mauvais augure pour ceux qui espèrent une solide reprise économique lors de la deuxième moitié de l'année ou en 2014, à la suite de ce qui a été près de deux ans de croissance anémique.

«La faiblesse de la demande et l'incertitude entourant son évolution continuent de peser sur les décisions d'investissement des entreprises et la planification à court terme de leurs capacités», affirme la banque dans son document.

«De nombreuses entreprises continuent d'indiquer que l'incertitude a eu une incidence sur leurs décisions d'investissement et qu'elle les pousse notamment à reporter certains projets ou à se concentrer sur des initiatives impliquant des risques ou des dépenses moins élevés — comme la réparation ou le remplacement de matériel — ou axées sur de nouveaux segments de la demande ou des segments différents», ajoute-t-elle.

La plus sombre constatation de l'enquête menée auprès d'un échantillon de 100 sociétés, que la banque centrale dit être représentatif de l'économie dans son ensemble, est que les entreprises qui ont dit avoir l'intention de réduire leurs investissements en machines et matériel au cours des 12 prochains mois sont presque aussi nombreuses que celles ayant affirmé vouloir les augmenter, soit 27 pour cent contre 34 pour cent, respectivement.

L'écart positif de sept points de pourcentage entre les deux groupes est le moins élevé enregistré en quatre ans.

Les intentions d'embauche s'en tirent mieux, avec un écart positif de 30 pour cent. Cette différence est cependant inférieure de cinq points à celle constatée dans le cadre d'une étude similaire réalisée au deuxième trimestre.

Sur la question des ventes, les dirigeants d'entreprise semblent plus optimistes que la situation s'améliore au cours des 12 mois à venir, mais cela tient largement au fait qu'ils ont vu la croissance de leurs ventes se détériorer au cours de la dernière année.

Les firmes continuent de croire que le redressement de la demande américaine sera favorable à leurs ventes. Elles estiment cependant que les effets positifs de cette amélioration ne se feront sentir que modérément lors des 12 prochains mois en raison de la lente progression de l'économie américaine — leur principal marché d'exportation — et d'une concurrence accrue.

L'enquête de la Banque du Canada survient alors que le Fonds monétaire international (FMI) vient, plus tôt cette semaine, de revoir à la baisse ses prévisions de croissance mondiale. Le FMI s'attend maintenant à ce que la croissance économique du Canada soit de 1,6 pour cent cette année.