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«Sans tambour», de Gad Elmaleh: comme une rock star de l'humour

Moroccan Jewish one man show humorist Gad Elmaleh performs on main stage during the 32nd edition of the Paleo Festival in Nyon, Switzerland, Saturday, July 28, 2007. The Paleo open-air music festival, the largest in the western part of Switzerland runs from 24 to 29 July. (AP Photo/KEYSTONE/Laurent Gillieron)
Moroccan Jewish one man show humorist Gad Elmaleh performs on main stage during the 32nd edition of the Paleo Festival in Nyon, Switzerland, Saturday, July 28, 2007. The Paleo open-air music festival, the largest in the western part of Switzerland runs from 24 to 29 July. (AP Photo/KEYSTONE/Laurent Gillieron)

On se serait cru dans un concert rock, jeudi soir, lorsque Gad Elmaleh a fait son entrée sur la scène du Théâtre St-Denis. La star de l’humour français a reçu un accueil presque hystérique d’applaudissements, de cris, de sifflements, de bras dans les airs. Un quasi délire s’est emparé de la salle… alors que la vedette n’avait même pas encore ouvert la bouche. Et on n’exagère même pas.

L’interaction avec le public n’a jamais cessé tout au long de la soirée. Les spectateurs ont réagi avec enthousiasme aux blagues, ont parfois hurlé des commentaires, ont très souvent interrompu la tête d’affiche de leurs acclamations nourries. Gad Elmaleh, qui avait rempli le Centre Bell à deux reprises en 2010 et qui termine ces jours-ci à Montréal la tournée nord-américaine de son cinquième one man show, Sans tambour, est encore bien plus populaire que plusieurs ne l’imaginent dans la Belle Province. Et ce succès s’explique aisément : impossible de ne pas tomber sous le charme du charisme, du bagout, de l’intelligence de l’homme, qui a le chic pour installer d’emblée une proximité et une complicité avec son parterre. Il attire comme un aimant, on attend ses réparties suspendus à ses lèvres.

Un style étoffé

Le style de Gad Elmaleh vole beaucoup, beaucoup plus haut que le ras des pâquerettes. Fin communicateur, l’artiste s’amuse beaucoup des différences entre les langues, les cultures, les classes sociales. Il a souhaité la bienvenue à l’assistance en racontant qu’il venait de quitter Toronto et s’est permis quelques moqueries sur l’endroit. «Je survolais en avion, et la ville elle-même m’a regardé et m’a dit : “Qu’est-ce que tu veux que je te dise?”», a-t-il badiné. Selon lui, il s’agit là du seul grand centre où on ne trouve pas de t-shirt marqué du slogan «I love Toronto»…

Les mots se bousculent dans la bouche de Gad Elmaleh à une vitesse telle qu’on a parfois du mal à les attraper au vol. Il change de thème à une cadence rythmée, sans cassures, sans même reprendre son souffle. Mais l’aspect verbomoteur fait partie du personnage. Il parle ainsi du temps qui nous presse, parfois davantage dans certains pays comme les États-Unis, de son manque de sociabilité dans les transports en commun, de la notoriété et des drôles de commentaires que celle-ci entraîne parfois, d’écologie et de religion.

L’idole rigole énormément autour de la langue, tente des traductions maladroites d’expressions anglophones, mais imite surtout à la perfection l’accent québécois. Ses «Siouplait», parodie des «S’il vous plait» du président de l’Assemblée nationale, sont tout simplement hilarants. On retient son clin d’œil à la bourgeoisie assumée de certains Québécois, qui vivent à Westmount, ont fréquenté le Collège Brébeuf, sont abonnés au Théâtre du Nouveau Monde, lisent Le Devoir et lunchent à L’Express; à n’en pas douter, Gad connaît bien le Québec, où il a d’ailleurs vécu pendant quatre ans lorsqu’il était un jeune adulte.

On s’est aussi bidonnés lorsqu’il a livré le compte-rendu de la vie bien peu excitante de son chat, lorsqu’il a évoqué son passage à 650$ dans le bureau du médecin et la caméra qu’on lui a foutu dans le nez («À ce prix-là, je vais demander un DVD du truc!»), et lorsqu’il s’est attendri de la sensibilité des Montréalais, qui s’émeuvent à tout coup lorsqu’il dit que son fils lui manque lorsqu’il est en tournée.

«En France, quand je dis ça, on me répond : “Tant pis pour ta gueule!”», a-t-il déploré.

Gad a terminé sa prestation en offrant une chanson à la guitare et en esquissant de langoureux pas de danse sur Blurred Lines, de Robin Thicke. Et la réaction emballée des admirateurs, à la toute fin, a confirmé que les 90 minutes de Sans tambour s’étaient définitivement écoulées trop rapidement.

Gad Elmaleh présentera à nouveau Sans tambour au Théâtre St-Denis vendredi et samedi. Pour plus d’informations: www.productionsj.com.

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