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11/10/2013 01:31 EDT | Actualisé 10/12/2013 05:12 EST

Des crimes contre l'humanité commis par l'opposition syrienne, affirme HRW

AP
In this Monday, Oct. 07, 2013 photo, opposition fighters prepare loads of mortars during an attack in the Wadi al-Deef military post at the frontline in Maaret al-Numan in the Idlib province countryside of Syria. With much of the northern countryside now in opposition hands, a cat-and-mouse game has emerged over the past year as the rebels try to cut the government supply lines to the regime's remaining troops in the north. (AP Photo)

Des insurgés syriens ont tué au moins 190 civils et en ont pris plus de 200 en otages au cours d'une attaque, en août dernier, dans la province de Lattaquié, affirme l'ONG Human Rights Watch (HRW), qui parle de premières preuves de crimes contre l'humanité commis par les forces de l'opposition.

Selon HRW, un grand nombre de ces civils tués ont été exécutés par des insurgés, dont certains étaient liés au réseau Al-Qaïda. Les rebelles avaient pris des positions militaires, à l'aube du 4 août, avant de pénétrer dans une dizaine de localités des environs, où vivent des alaouites, une communauté issue d'une branche du chiisme, qui soutient le régime de Bachar Al-Assad.

Enquête autorisée par Damas

Lors de son premier voyage autorisé par le régime en Syrie en deux ans et demi de conflit, HRW a recueilli des renseignements sur une série de tueries commises par les ennemis du régime.

Dans certains cas, des familles entières ont été exécutées, ou liquidées lorsque les insurgés se sont retirés, lit-on dans le rapport de HRW.

L'ONG identifie cinq groupes rebelles qui ont joué un rôle dans le financement, l'organisation et le lancement des attaques dans la région de Lattaquié, parmi lesquels Djabhat Al-Nosra, mais aussi l'État islamique d'Irak et au Levant, deux organisations liées à Al-Qaïda, mais aussi le groupe islamique Ahrar Al-Cham.

Ces groupes ont fait connaître leur participation à ces attaques par l'entremise de vidéos et de communiqués, dont certains ont permis de corroborer le rapport de HRW. L'opération semble avoir été en grande partie financée par des donateurs basés dans la région, écrit HRW.

Ce qui est moins clair est le rôle des combattants de l'Armée syrienne libre (ASL), la branche armée de la principale coalition de l'opposition, qui est soutenue ouvertement par les États-Unis, la Grande-Bretagne, la France et les pays sunnites du golfe Persique.

Dans une vidéo mise en ligne le 11 août et filmée, semble-t-il, dans la province de Lattaquié, le chef de l'ASL, Salim Idriss, déclare que ses hommes ont pris part « dans une large mesure » à l'offensive.

Toutefois, Lama Fakih, qui a enquêté pendant plusieurs jours en septembre pour HRW dans la province de Lattaquié, et a parlé à cette occasion à des habitants, à des miliciens, des soldats, des médecins et des responsables, a dit ne pas être en mesure de confirmer si l'ASL était présente, le 4 août, lorsque les atrocités ont été commises.

Reuters

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