POLITIQUE
11/10/2013 04:01 EDT | Actualisé 11/12/2013 05:12 EST

Des événements payants pour Action Laval

Radio-Canada

Pour courtiser les électeurs, les partis politiques n'hésitent pas à dépenser beaucoup d'argent. Dans le cadre de la campagne municipale, Radio-Canada Rive-Nord s'est intéressée à des partis politiques qui ont choisi des voies différentes pour financer leur lutte électorale.

Jean-Claude Gobé s'est lancé dans la course à la mairie de Laval au printemps dernier. N'ayant que quelques mois devant lui avant les élections, il a dû financer sa campagne à grande vitesse.

Heureusement pour lui, M. Gobé est une personne aguerrie dans l'art de récolter de l'argent. Au cours de ses 18 années à l'Assemblée nationale comme député, il a organisé une vingtaine de campagnes de financement.

- Au printemps, une soirée de lancement à 120 $ le billet réunit entre 150 et 175 personnes.

- En juin, 350 invités participent à un dîner-bénéfice à 100 $ le couvert.

- En août, une centaine de personnes paient 60 $ lors d'une soirée où sont annoncés les candidats du parti.

- En septembre, 300 convives paient 95 $ pour assister à une autre soirée-bénéfice.

- Il faut retrancher le coût du repas et la location de la salle, mais au final, ce sont des dizaines de milliers de dollars qui ont été amassés en quelques événements par le parti de M. Gobé, Action Laval.

Qui participe à ces évènements? « Tous ceux qui veulent bien m'acheter un billet », répond Jean-Claude Gobé. « Il y a un petit noyau composé de la famille et des amis, mais pour aller chercher plus large, ça prend une certaine crédibilité. Il faut que les gens perçoivent que l'on est quelqu'un de sérieux, avec de bonnes idées. » C'est d'autant plus important que chaque personne ne peut donner plus de 300 $ par année à un parti politique municipal.

« Avec les crédits d'impôt, la personne qui a donné 100 $ ne paie en vérité que 20 $ pour son repas. Si je crois en quelqu'un, en ses idées, je suis capable de donner 20 $. »

-- Jean-Claude Gobé, chef d'Action Laval

Réforme du financement municipal

Au printemps dernier, une commission parlementaire a étudié le projet de loi visant à réformer le mode de financement des partis politiques municipaux. C'est à la fois pour son expérience parlementaire, mais aussi parce qu'il est le chef d'un tout nouveau parti municipal, que Jean-Claude Gobé a été le premier intervenant à présenter un mémoire.

Dorénavant, entre autres mesures, un particulier ne peut plus donner que 300 $ à un parti politique municipal, alors que le plafond était autrefois de 1000 $. En contrepartie, le remboursement des dépenses électorales a été revu de 50 % à 70 %.

Dans son mémoire, Jean-Claude Gobé s'est dit en faveur de telles mesures, même si cela signifiait des rentrées moindres pour son propre parti.

Les campagnes coûtent de plus en plus cher, rappelle M. Gobé, qui dénonce la « surenchère » des dépenses liées au marketing et aux communications. « Il faut trouver un moyen de faire cesser cela », dit-il, évoquant les « limitations » qu'impose le « pouvoir de l'argent » aux politiciens.

« La désaffection et le cynisme des citoyens envers la politique ont fait en sorte que les partis se sont tournés vers d'autres sources de financement », dit M. Gobé.

« Quand il y a un scandale, tout le monde s'émeut. Mais qu'a-t-on fait individuellement? Avons-nous donné notre petit 10 ou 15 $ au parti qui représente nos valeurs et défend nos idées? »

-- Jean-Claude Gobé, chef d'Action Laval