POLITIQUE
10/10/2013 10:43 EDT | Actualisé 10/12/2013 05:12 EST

Péladeau: Marois défend sa façon d'associer les partenaires à l'électrification

PC

QUÉBEC - La première ministre Pauline Marois a déclaré jeudi qu'elle continuera d'associer étroitement l'homme d'affaires Pierre Karl Péladeau à son projet d'électrification des transports.

Mme Marois a affirmé que M. Péladeau est invité à titre de président du conseil d'administration d'Hydro-Québec à participer aux échanges avec sept ministres, comme l'a rapporté La Presse Canadienne mercredi.

Dans une brève déclaration à la presse parlementaire, Mme Marois a défendu sa décision d'offrir un accès privilégié à M. Péladeau, actionnaire de contrôle du conglomérat Québecor, à un comité restreint du conseil des ministres.

«Il y a des gens qui ont peut-être oublié que Pierre Karl Péladeau est le président du conseil d'Hydro-Québec», a-t-elle laissé tomber.

Mme Marois a répété que M. Péladeau avait participé à deux rencontres et elle a ajouté que l'homme d'affaires poursuivra son implication au sein du comité sur l'électrification des transports.

«Le président d'Hydro-Québec, le chef de la direction, certains de ses collaborateurs ont participé à ces rencontres, parce que c'est ma façon à moi aussi d'associer les différents partenaires, a-t-elle dit. Et n'oubliez pas que le gouvernement du Québec est actionnaire à 100 pour cent d'Hydro-Québec et à titre de président du conseil, M. Péladeau continuera à participer à ce genre de réunion.»

M. Péladeau est le seul président du conseil d'administration d'une société d'État à avoir accès à ce type d'instance, où sont discutés les grands dossiers stratégiques du gouvernement. En compagnie du président et chef de la direction d'Hydro-Québec, Thierry Vandal, l'homme d'affaires a participé à deux rencontres du comité sur l'électrification, en juillet et en septembre.

Cette semaine, M. Péladeau a démenti des rumeurs qui lui prêtent des ambitions politiques dans les rangs péquistes.

Le vice-premier ministre François Gendron a répété jeudi que la présence de M. Péladeau s'explique par son expertise en affaires.

«Arrêtez de voir des messages partout, a-t-il dit. Est-ce qu'il a une expertise dans le domaine de l'économie, dans le domaine de la planification, dans le domaine, éventuellement, d'exporter une expertise? Moi je crois que oui. Alors on a le droit de le consulter.»

M. Gendron a affirmé qu'avant mercredi, il ignorait la participation de M. Péladeau au comité du conseil des ministres sur l'électrification.

«Je l'ai appris (mercredi), a-t-il dit. Mais ça ne me dérange pas.»

Le comité, présidé par Mme Marois, réunit aussi le ministre des Finances, Nicolas Marceau, la ministre des Ressources naturelles, Martine Ouellet, le ministre de l'Environnement, Yves-François Blanchet, le ministre des Relations internationales, Jean-François Lisée, le ministre de l'Enseignement supérieur, Pierre Duchesne, et la ministre responsable de la Politique industrielle, Élaine Zakaïb.

La députée de Québec solidaire (QS) Françoise David s'est étonnée de constater ce nouvel exemple de proximité entre le Parti québécois et M. Péladeau, que Mme Marois a nommé à Hydro-Québec en mai dernier.

«C'est un traitement royal, a-t-elle dit. Je parlerais d’intimité vraiment renforcée entre M. Péladeau et la première ministre et ses ministres. Je trouve ça juste un peu étonnant. M. Péladeau, qui continue de dire qu'il ne se présentera pas avec le Parti québécois, mais, visiblement, qui est en train de devenir leur meilleur allié.»

Le député de la Coalition avenir Québec (CAQ) Gérard Deltell a pour sa part jugé que M. Péladeau était tout désigné pour participer aux travaux en sa qualité de premier administrateur de la société d'État.

«Que le président du conseil d’administration d’Hydro-Québec soit dans le coup concernant les projets d’électrification, je pense que ça coule de source», a-t-il dit.

L'aile parlementaire libérale a refusé, vendredi, de commenter la participation de M. Péladeau à l'élaboration du projet du gouvernement.

Lors d'un point de presse concernant le projet de loi qui doit consacrer la création de son ministère, M. Duchesne a affirmé que la teneur des échanges des membres du comité et la contribution de M. Péladeau aux travaux étaient confidentiels.

Selon le ministre, il est normal «d’avoir des gens qui sont liés ou à la recherche dans ce domaine ou qui ont des connaissances dans le domaine hydroélectrique ou de l’électrification».

«Moi ça ne m’a pas surpris, a-t-il dit. Il faut voir. Il y a une cohérence, il y a une pertinence.»

Le député péquiste Daniel Breton, adjoint parlementaire de Mme Marois à l'électrification des transports, a de son côté assuré qu'il garde la main haute sur le dossier.

«Le spécialiste c'est moi, pour l'électrification des transports, a-t-il dit. C'est moi qui donne les informations.»

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