POLITIQUE
10/10/2013 03:20 EDT | Actualisé 10/12/2013 05:12 EST

Équipe de candidats du PLQ: malgré les promesses, pas de renouveau en vue

PC

QUÉBEC - La promesse faite par Philippe Couillard de renouveler l'équipe de candidats du Parti libéral du Québec (PLQ) se bute à un obstacle majeur: personne ne veut laisser sa place.

Selon les informations obtenues par La Presse Canadienne, jeudi, 47 des 48 députés libéraux qui siègent présentement à l'Assemblée nationale ont annoncé à la direction du parti leur intention de se présenter à nouveau lors du prochain scrutin. Même les plus anciens et les plus âgés d'entre eux veulent poursuivre leur carrière politique. Seule exception, la députée de Pontiac, Charlotte L'Écuyer, 70 ans, qui a déjà annoncé qu'elle se retirera pour raison de santé.

De plus, plusieurs visages connus au parlement, anciens députés et ministres, défaits en 2012, reprendront du service et seront encore sur les rangs.

Pour le renouveau, il faudra donc repasser. À telle enseigne qu'en cas de scrutin hâtif, la brochette de candidats présentée par Philippe Couillard risque fort de ressembler, au moins pour ce qui est de la plupart des forteresses et circonscriptions accessibles aux libéraux, à celle affichée par son prédécesseur, Jean Charest, en août 2012.

Pourtant, en devenant chef du PLQ, M. Couillard s'était engagé à renouveler en profondeur son parti, y compris son équipe, en vue de reconquérir le pouvoir.

Des sources fiables indiquent que, par personne interposée, M. Couillard a tenté, en vain, de convaincre certains de ses députés de songer à une retraite bien méritée. Au moins deux membres du caucus, le député d'Orford depuis 2003, Pierre Reid, et le député de Robert-Baldwin depuis 1994, Pierre Marsan, tous deux âgés de 65 ans, ont été invités à songer à leur avenir. Mais jusqu'ici ils ont résisté aux pressions.

M. Marsan avait mis son chef dans l'embarras dernièrement, en avouant avoir tenté de financer le parti en approchant une association juive sépharade et en lui rappelant que cette communauté avait bénéficié dans le passé d'un permis de garderie.

Le lifting du PLQ sera-t-il vraiment réussi avec, sur la photo de groupe, des candidats comme Lawrence Bergman (bientôt 73 ans, député de D'Arcy-McGee depuis près de 20 ans), Henri-François Gautrin (70 ans, député de Verdun depuis 1989), Yvon Marcoux (72 ans, député de Vaudreuil depuis 1998), Robert Dutil (63 ans, député de Beauce-Sud, élu pour la première fois sous Robert Bourassa en 1985), Norbert Morin (68 ans, député de Montmagny-Lislet), ou encore Pierre Paradis (63 ans, député de Brome-Missisquoi), qui était déjà député, en 1980, quand M. Couillard était étudiant en médecine?

«Dans toute organisation, on trouvera toujours une combinaison de nouvelles personnes et de personnes qui sont en continuité», répond M. Couillard, quand on lui pose la question. Il s'engage malgré tout à présenter de nouveaux visages.

«Les gens vont être impressionnés par la qualité des candidatures» libérales, promet-il, en restant évasif. Aucun candidat-vedette ne sera annoncé avant le déclenchement des élections.

Parmi ceux qui ont été défaits en 2012, on reverra apparaître dans Dubuc le nom de l'ex-ministre Serge Simard, 63 ans. Dans Outremont, la rumeur persistante donne favori l'ex-ministre Alain Paquet, défait par Léo Bureau-Blouin dans Laval-des-Rapides. Dans Bonaventure, l'ex-député Damien Arsenault tentera de se faire élire à nouveau. Dans Montmorency, l'ex-député Raymond Bernier, défait par la caquiste Mycheline St-Laurent, cherche à obtenir l'investiture. Dans La Prairie, le PLQ présentera l'ancien député adéquiste Richard Merlini.

«On est prêt. Mme (Pauline) Marois pèse sur le piton: on est prêt» pour des élections générales cet automne, assure le président de la campagne libérale, le député Stéphane Billette. On a commencé à prendre les photos des candidats, les autobus sont réservés, les investitures vont se multiplier au cours des prochaines semaines et le programme sera adopté par les militants en conseil général le 26 octobre à Montréal.

Ces temps-ci, les libéraux flairent l'odeur du pouvoir, enhardis par plusieurs sondages indiquant qu'ils ont de bonnes chances de former le prochain gouvernement, peut-être majoritaire. Il n'en fallait pas plus pour que d'aucuns, chassés du pouvoir il y a un an, se voient déjà confortablement installés sur la banquette arrière d'une limousine.

Sur fond de crise étudiante et d'allégations de corruption, la campagne électorale de 2012 a été un véritable chemin de croix pour les libéraux. L'an passé, «ces gens-là ont décidé de plonger avec un taux d'insatisfaction de 72 pour cent. Ils ont tous ramé contre la vague, et ils pensaient avoir un mandat de quatre ans», confie un député. Alors maintenant que le contexte est favorable, ils veulent tous prendre leur revanche.

Dans ce contexte, le recrutement de candidats-vedettes, qu'on attire en leur offrant un comté sûr, s'en trouvera d'autant plus compliqué.

Les libéraux calculent que plusieurs circonscriptions, perdues par moins de 1000 voix en 2012, sont susceptibles de passer dans le camp libéral la prochaine fois. Conclusion d'un député enthousiaste: «T'amènes une vedette, pis t'as un comté de plus!».

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