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10/10/2013 01:17 EDT | Actualisé 09/12/2013 05:12 EST

Charte : Québec demande aux candidats de faire preuve de retenue

Québec voit d'un mauvais oeil les critiques des quatre principaux candidats à la mairie de Montréal concernant la charte des valeurs.

Lors du débat télévisé présenté à Radio-Canada, mercredi soir, les candidats Richard Bergeron et Marcel Côté ont tous deux déclaré qu'ils étaient opposés à la charte. Mélanie Joly et Denis Coderre sont allés plus loin en s'engageant à contester le projet de charte québécoise des valeurs devant les tribunaux si elle est adoptée sans changements majeurs et s'ils sont élus le 3 novembre.

Le ministre responsable de la région de Montréal, Jean-François Lisée, s'interroge sur la légitimité de cette promesse électorale et croit que les candidats devraient davantage tenir compte de l'électorat.

« On voit que les quatre candidats à la mairie sont unanimes dans leur opposition à la charte. Mais les électeurs de l'île de Montréal ne sont pas unanimes. Le quart des anglophones, le tiers des allophones, les deux tiers des francophones de l'île de Montréal sont favorables à plusieurs des dispositions proposées dans ce qui sera la charte. Ce qui fait que le maire qui sera élu le 3 novembre ne pourra pas dire qu'il a un mandat des Montréalais, puisque, comme ils sont tous sur la même position, il n'y aura pas de choix », dit-il.

M. Lisée a donné l'exemple de la position prise par l'ancien maire de Montréal Jean Drapeau en 1977 dans le litigieux débat sur la loi 101. « Comme il y avait une division, et comme c'était une responsabilité du gouvernement du Québec, il s'est abstenu d'entrer dans le débat », a dit M. Lisée.

L'intervention de M. Lisée n'a pas plu au parti libéral. La députée Christine Saint-Pierre a demandé à la première ministre Pauline Marois de ramener à l'ordre son ministre.

« Les candidats à la mairie de Montréal analysent la situation de Montréal. Ils vivent à Montréal, ils comprennent la réalité de Montréal, ils comprennent les citoyens et citoyennes de Montréal, et si ces candidats-là ont des craintes par rapport à la charte des valeurs, c'est parce qu'ils le sentent sur le terrain. Il sont sur le terrain depuis des semaines », a déclaré Mme St-Pierre.