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08/10/2013 06:57 EDT | Actualisé 08/12/2013 05:12 EST

Les services d'autobus rapides, SRB, bon pour Montréal?

Les services rapides d'autobus, surnommés « SRB », sont en pleine expansion sur la planète et leur efficacité a été prouvée.

Chaque ville les adapte à sa façon, mais pour être digne de ce nom, le projet doit obligatoirement inclure une voie exclusivement réservée aux autobus. Il s'agit d'une voie qui est souvent bidirectionnelle et colorée.

Des stations y sont intégrées. Elles ressemblent à celles d'un métro et doivent permettre de prépayer avant de monter à bord.

Les autobus passent très souvent et les arrêts sont plus rares que sur une ligne standard.

Il y en a dans plusieurs grandes villes du monde, comme à Mexico, à Curitiba au Brésil, à Guangjou en Chine, ou à Cleveland aux États-Unis.

Au Canada, c'est à Ottawa qu'est né le premier SRB il y a 30 ans.

Le « Transitway » est un vaste réseau de 34 kilomètres de voies réservées où les autobus croisent rarement les voitures. En moyenne, 240 000 personnes les empruntent chaque semaine, ce qui représente les deux tiers de tous les déplacements du réseau de transport en commun de la capitale.

« Je trouve que ça va vite, que c'est efficace et que ça ne coûte pas trop cher », dit un usager.

Dans l'île de Montréal, il n'y a encore aucun service rapide par autobus. Il y a toutefois un projet qui est sur la table depuis 4 ans déjà : le SRB Pie IX qui reliera éventuellement Laval à la rue Notre-Dame au sud de l'île.

Il s'agit d'un investissement de plus de 300 millions de dollars pour réaliser un tracé de près de 20 kilomètres et une quinzaine de stations. Sauf qu'on envisage maintenant une inauguration en 2019 seulement, 120 mois après son annonce.

Une bonne partie du problème est reliée aux structures. Le projet implique quatre arrondissements, deux villes centres, trois sociétés de transport et un gouvernement.

« Ça fait en sorte que quand on a des chantiers de cette nature-là, les éléments de gouvernance, les éléments budgétaires pour les réaliser sont pas à la même place », déclare Michel Labrecque, président du Conseil d'administration de la Société de transport de Montréal (STM).

Depuis quelques années, Montréal s'est tournée plus efficacement vers des voies réservées de base où les autobus partagent la route avec les voitures. Ces voies prennent moins d'espace et sont plus abordables, comme sur le boulevard Saint-Michel où des losanges sur la rue et une signalisation distincte rappellent que la voie est réservée aux autobus à l'heure de pointe. Aujourd'hui, on retrouve 190 kilomètres de ces voies sur les grandes artères montréalaises.

Les usagers de l'autobus 427 qui relie le centre-ville au quartier Rosemont.et à qui nous avons parlé étaient plutôt satisfaits.

« Le matin ça prend exactement le même temps que quand je prenais le métro, le soir ça prend 10 minutes de plus, mais la différence c'est que je trouve qu'on est assise, tout le monde est assis la plupart ». « Parfois quand c'est l'heure du gros trafic vers 5 h 30, là oui on gagne environ 10 minutes », disent les usagers.

Les chiffres avancés par la STM confirment que chaque kilomètre de voie réservée comme celles de Montréal coûte entre 100 000 $ et 1 million à réaliser alors que la Cadillac des voies réservées, la ligne SRB, coûte, elle, entre 10 et 15 millions en moyenne. Le tramway coûtera entre 50 à 65 millions de dollars du kilomètre. Le métro, entre 250 à 350 millions.

D'ici 2020, la STM a prévu doubler le nombre de voies réservées à Montréal, pour en arriver à un total de 370 kilomètres. Les millions que Québec vient d'accorder serviront à accélérer leur réalisation. Spécialisée dans le transport collectif, Florence Junca-Adenot est d'accord avec le plan.

Le président de la STM admet que la voie sur René-Levesque est saturée et que des mesures seront nécessaires. Parmi les solutions envisagées : interdire le virage à droite aux automobilistes à certaines intersections ou installer des feux chandelles comme on a fait mardi coin Papineau et Saint-Joseph. Ces feux permettent aux autobus de passer cinq secondes avant les automobilistes.

Le plan 2020 de la STM prévoit seulement deux SRB; celui sur Pie IX et un autre qui serait situé sur le boulevard Côte-Vertu. Comme son tracé serait uniquement sous juridiction de la ville et de l'arrondissement Saint-Laurent, la STM croit pouvoir le réaliser en trois ans.

Le prochain maire de Montréal aura certainement son mot à dire dans le choix du transport collectif.

D'après le reportage de Jean-Sébastiien Cloutier