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24/08/2013 11:43 EDT | Actualisé 24/10/2013 05:12 EDT

Deuil national au Liban après le double attentat de Tripoli

C'est jour de deuil au Liban, samedi, alors que le pays enterre les victimes du double attentat à la voiture piégée contre deux mosquées sunnites à Tripoli, au nord du pays, où les mesures de sécurité ont été renforcées pour prévenir de nouvelles attaques.

L'attentat de vendredi, qui a fait 45 morts et plus de 280 blessés, n'a pas été revendiqué. Il s'agit de l'attaque la plus meurtrière depuis la fin de la guerre civile au Liban (1975-1990).

Le chef du gouvernement sortant Najib Mikati, a décrété un deuil national, afin de soutenir les familles des victimes et dénoncer le « terrorisme ». Les Libanais étaient d'ailleurs invités à arrêter de travailler pendant une heure. Plusieurs corps ont été enterrés à la hâte, en pleine nuit, car certaines dépouilles étaient carbonisées. Il y a toutefois eu des funérailles islamiques pour les autres corps, à Tripoli.

Arrestation d'un suspect

Les forces de sécurité libanaises ont arrêté un suspect, samedi, en lien avec le double attentat, a annoncé l'agence de presse officielle. Celle-ci a identifié le suspect comme étant le cheikh Ahmad al-Ghareeb et précise qu'il a été arrêté dans sa résidence de la région de Miniyeh, près de Tripoli.

L'homme a des liens avec une organisation sunnite, connue pour être en bons termes avec le Hezbollah chiite. Le cheikh apparaît sur les images d'une vidéo de surveillance près du lieu de l'explosion, selon l'agence de presse officielle.

Tripoli quadrillé par l'armée

L'armée était omniprésente dans les rues de la ville samedi, notamment devant les mosquées, près des sièges des partis politiques et des résidences des responsables politiques et religieux. Les militaires effectuaient des fouilles dans les véhicules jugés suspects. Alors que Tripoli est très animé en temps normal, les rues étaient désertes et les commerces fermés et protégés par des barrières métalliques.

Les sites des attentats, l'un dans le centre et l'autre près du port, témoignaient de la puissance des explosions. L'armée continuait samedi de dégager des carcasses de voitures calcinées, rapporte l'Agence France-Presse.

Les tensions confessionnelles au Liban

Les attentats, qui se sont produits dans un secteur majoritairement sunnite, risquent d'exacerber les tensions confessionnelles au Liban, déjà fortes en raison du conflit en Syrie. La société libanaise est en effet divisée entre les rebelles et les partisans de Bachar Al-Assad.

La Coalition nationale syrienne, qui représente l'opposition, a accusé le régime syrien d'être derrière les récents attentats au Liban afin de faire plonger le pays dans le chaos.

L'attaque de Tripoli est survenue quelques jours après celle qui a fait 27 morts dans la banlieue sud de Beyrouth. Le secteur est un fief du Hezbollah, dont les hommes combattent présentement en Syrie aux côtés des soldats de Bachar Al-Assad.

Al-Qaïda accuse le Hezbollah des attentats de Tripoli

De son côté, Al-Qaïda au Maghreb islamique (AQMI) a accusé le Hezbollah d'avoir perpétré le double attentat à la bombe de vendredi, selon le site Internet américain SITE. Dans plusieurs tweets publiés par AQMI, l'organisation terroriste dit avoir la « certitude » que le Hezbollah chiite, soutenu par l'Iran, est responsable des deux attentats qui ont fait 45 morts et des centaines de blessés.

« Cet ignoble parti [le Hezbollah] (...) devrait savoir qu'il sera bientôt puni », déclare AQMI, selon SITE. Le Hezbollah qui était autrefois respecté par de nombreux musulmans, a perdu de son lustre aux yeux des sunnites, en apportant son soutien au régime de Damas.