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24/08/2013 09:13 EDT | Actualisé 24/10/2013 05:12 EDT

Armes chimiques en Syrie : Obama réunit son équipe de sécurité

Le président américain Barack Obama réunit son équipe de sécurité samedi matin pour discuter de la réponse à apporter aux allégations d'attaque à l'arme chimique par le gouvernement syrien cette semaine, a annoncé un responsable de la Maison-Blanche. Parallèlement, les États-Unis renforcent leur présence navale en Méditerranée.

Néanmoins, une décision ne serait pas forcément prise à l'issue de la réunion américaine, malgré la présence probable du président américain, indique la Maison-Blanche. Selon ce responsable, le gouvernement américain a « une palette d'options sur la table ».

De son côté, l'US Navy va renforcer sa présence en Méditerranée avec la présence d'un quatrième navire de guerre américain armé de missiles de croisière en raison des derniers développements de la guerre civile syrienne, a annoncé vendredi un responsable du Pentagone.

Ce responsable a pris soin de souligner que la marine américaine n'avait reçu aucun ordre en vue d'éventuelles opérations militaires en Syrie.

Chuck Hagel, secrétaire à la Défense, a cependant laissé entendre de façon très nette que les États-Unis positionnaient leurs forces navales en vue d'une décision éventuelle du président Barack Obama sur une intervention militaire en Syrie, à la suite d'allégations sur l'usage d'armes chimiques au cours d'un assaut mené mercredi aux environs de Damas.

À Paris, le porte-parole de la Marine nationale, Philippe Ebanga, a fait savoir qu'il n'y avait « rien de nouveau » concernant l'activité de la flotte française après la décision des États-Unis de renforcer leur présence en Méditerranée. « L'armée est présente comme d'habitude en Méditerranée, on a des bateaux qui sont là-bas en permanence, les derniers développements en Syrie n'ont pas changé notre posture », a-t-il dit à Reuters.

Entre-temps, la haute représentante de l'ONU pour le désarmement Angela Kane est arrivée samedi à Damas pour négocier les modalités d'une enquête sur des accusations d'utilisation d'armes chimiques.

La pression internationale s'est accentuée vendredi sur le gouvernement syrien pour qu'il autorise les experts de l'ONU présents à Damas à inspecter les faubourgs est de la capitale, touchés, selon les insurgés, par une attaque au gaz neurotoxique.

L'opposition syrienne accuse les forces loyalistes d'avoir lancé des attaques chimiques et tué des centaines d'habitants dans la plaine de la Ghouta, à l'est de Damas.

Les pays occidentaux accentuent la pression

Des sources proches des services de sécurité américains et européens ont déclaré que les services de renseignement des États-Unis et de pays alliés étaient parvenus à l'évaluation initiale que les forces syriennes avaient bien eu recours à des armes chimiques, avec l'aval du gouvernement.

Le ministre français des Affaires étrangères Laurent Fabius, a affirmé samedi que « l'information que nous avons montre que ce massacre chimique est d'une telle gravité que, bien évidemment, celui-ci ne pourra pas rester sans réaction forte ».

Selon lui, « toutes les informations » convergent pour dire que le régime syrien était responsable.

Barack Obama a auparavant fait part de sa « grave préoccupation » tout en prenant soin d'ajouter qu'il n'était pas question pour les États-Unis de « s'embourber » dans une nouvelle et coûteuse guerre. Interrogé par CNN sur ses propos tenus il y a un an sur la « ligne rouge » que constituerait, à ses yeux, un recours aux armes chimiques, le président a répondu évasivement.

« Si les États-Unis interviennent militairement dans un pays tiers sans mandat de l'ONU et sans que des preuves évidentes ne puissent être présentées, alors se poseront des questions au regard du droit international », a-t-il dit.

Le régime syrien accuse les rebelles

De son côté, la télévision d'État syrienne a annoncé samedi que des militaires avaient découvert des agents chimiques dans des galeries tenues par les rebelles à Djobar, dans la banlieue de Damas. « Les héros de l'armée sont en train d'entrer dans les tunnels des terroristes et ont vu des agents chimiques », a déclaré la télévision d'État citant une « source d'information ». « Dans certains cas, les soldats suffoquent en entrant à Djobar », ajoute la télévision.

Mise en garde de l'Iran

L'Iran, l'allié jusque-là indéfectible de la Syrie, a mis en garde le gouvernement américain contre toute intervention militaire, rapporte l'Agence France-Presse. Le porte-parole de la diplomatie iranienne, Abbas Araghchi, a expliqué samedi à l'agence Isna qu'une intervention américaine ne ferait que jeter de l'huile sur le feu et créer un « tumulte dangereux ». La République islamique a aussi accusé les rebelles syriens d'avoir fait usage d'armes chimiques lors de combats mercredi, dans la région de Damas.

Visite d'un responsable de l'opposition au Canada

George Sabra, le président du Conseil national syrien, est en visite au Canada, du 24 août au 3 septembre. Le conseil est le principal organe qui représente les opposants au régime de Bachar Al-Assad. Il rencontrera notamment des conseillers du premier ministre Stephen Harper et du ministre des Affaires étrangères, John Baird, jeudi prochain.