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20/08/2013 06:30 EDT | Actualisé 20/10/2013 05:12 EDT

Les autorités égyptiennes ont arrêté le guide suprême des Frères musulmans

LE CAIRE, Égypte - Les dirigeants égyptiens ont annoncé mardi l'arrestation du guide suprême des Frères musulmans, Mohamed Badie, assénant un dur coup au groupe islamiste au moment où ses efforts pour organiser de nouvelles manifestations contre le départ du président Mohamed Morsi sont freinés par une répression sévère.

M. Badie a été arrêté tôt mardi dans un appartement du quartier de Nasr City, dans l'est du Caire. C'est dans ce même quartier qu'est située la place publique qu'ont occupée des partisans du président élu Morsi pendant six semaines avant d'être violemment chassés par les forces de l'ordre, mercredi dernier.

Des centaines d'autres membres des Frères musulmans avaient déjà été arrêtés. Les manifestations organisées par le groupe depuis deux jours sont nettement plus modestes et n'attirent parfois que quelques dizaines de personnes.

M. Badie n'avait pas été vu en public depuis le mois dernier.

Un des fils de M. Badie, Ammar, a été abattu vendredi dernier lors d'affrontements violents entre manifestants et policiers au Caire.

M. Badie et son puissant adjoint, Khairat al-Shater, qui est également détenu, seront jugés pour leur soi-disant rôle dans la mort de huit personnes à l'extérieur du quartier général des Frères musulmans au Caire en juin dernier.

Des responsables ont indiqué que M. Badie a été transporté vers la prison de Torah, dans une banlieue au sud du Caire, et qu'il devait être interrogé par des procureurs mardi. L'ancien président Hosni Moubarak est lui aussi incarcéré à Torah, tout comme ses deux fils.

Un porte-parole des Frères musulmans a tenté de minimiser l'importance de l'arrestation de M. Badie en déclarant qu'il n'était qu'un membre parmi d'autres. L'organisation a ensuite annoncé la nomination d'un leader intérimaire.

L'arrestation de M. Badie survient après que de présumés militants islamistes eurent tendu une embuscade à deux minibus transportant des policiers qui avaient terminé leur quart de travail dans le Sinaï, forçant ensuite les hommes à se coucher dans le sable avant d'en abattre 25.

Cette attaque en plein jour a soulevé des craintes voulant que cette région désertique stratégique voisine d'Israël et de la Bande de Gaza ne soit plongée dans une véritable insurrection.

Par ailleurs, un professeur de droit peu connu, Sayed Ateeq, a déposé une poursuite contre l'ex-vice-président intérimaire Mohamed ElBaradei, accusant le lauréat du prix Nobel de la Paix d'avoir commis une «haute trahison» et d'avoir nui à l'image du pays en démissionnant, la semaine dernière. Le droit égyptien permet aux simples citoyens d'intenter de telles poursuites, bien que plusieurs d'entre elles sont rapidement rejetées par les juges.

M. ElBaradei a démissionné pour protester contre l'utilisation de la force par les forces de sécurité lors du «nettoyage» des camps des manifestants islamistes. Il estime que le fait d'encourager la violence profitera aux extrémistes.