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18/08/2013 08:35 EDT | Actualisé 18/10/2013 05:12 EDT

Les Frères musulmans annulent des manifestations pour des raisons de sécurité

Les militants islamistes, qui avaient prévu neuf manifestations dimanche, ont dû annuler plusieurs rassemblements pour des raisons de sécurité.

Selon l'envoyé spécial de Radio-Canada au Caire, Akli Aït Abdallah, il n'y a pas eu de marche et de confrontation dans la capitale entre les partisans du président déchu Mohamed Morsi et les forces de l'ordre, contrairement aux jours précédents. Après quatre jours de violence et plus de 800 morts, les rues de la capitale étaient relativement calmes dimanche et les activités reprenaient tranquillement.

Une marche prévue vers Héliopolis, un quartier situé en périphérie du Caire, n'a pu avoir lieu par crainte des tireurs d'élite positionnés tout au long de leur itinéraire. Des voitures blindées étaient aussi bien visibles dans les rues.

En plus des questions de sécurité, Akli Aït Abdallah souligne que les annulations sont peut-être également liées au manque de mobilisation des Frères musulmans.

Le siège de la Haute cour constitutionnelle, qui a joué un rôle important au cours des dernières semaines et qui a notamment mené à la mise à l'écart du président déchu Mohamed Morsi, était aussi parmi les autres lieux ciblés par les manifestants.

Le général Abdel Fattah Al-Sissi, chef d'état-major de l'armée, a déclaré dimanche que l'Égypte ne pliera pas devant la violence des islamistes. « Quiconque imagine que la violence fera plier l'État et les Égyptiens doit revoir sa position, nous ne resterons jamais silencieux face à la destruction du pays », a indiqué l'homme fort du régime égyptien, lors d'une réunion avec des chefs militaires et de la police.

Plan de sortie de crise

Pendant ce temps, le vice-premier ministre égyptien, Ziad Bahaa Eldin, devrait proposer dimanche un plan destiné à mettre fin aux violences entre les forces de sécurité et les partisans de l'ancien président Morsi.

Pour sortir le pays de la crise, Eldin demandera notamment la levée de l'état d'urgence, selon l'agence Reuters, qui a eu accès à ce plan. L'armée est toujours bien présente dans les rues pour empêcher l'accès aux grandes places du Caire.

Ce plan du vice-premier ministre est la première initiative importante prise par un responsable issu du camp libéral, dont l'un des principaux représentants, le vice-président Mohamed ElBaradeï, a démissionné mercredi, pour exprimer sa désapprobation des violences.

L'initiative, qui prévoit la participation de tous les partis politiques et la garantie des principales libertés, reste cependant muette sur le sort de Mohamed Morsi, qui est détenu dans un lieu tenu secret depuis sa chute début juillet.

De son côté, le premier ministre du gouvernement de transition égyptien, Hazem El-Beblaoui, a proposé de dissoudre la confrérie des Frères musulmans.

Samedi, les forces de l'ordre égyptiennes sont intervenues pour déloger des partisans du président destitué par l'armée Mohamed Morsi de la mosquée Al-Fateh dans le quartier de Ramsès au Caire. Le gouvernement a confirmé dimanche que 79 personnes avaient perdu la vie samedi dans les violences qui touchent tout le pays.

Des responsables de la sécurité ont indiqué que les forces de l'ordre avaient lancé cet assaut par crainte que les Frères musulmans ne mettent sur pied un camp de protestataires similaire à ceux démantelés mercredi dans le sang, entraînant la mort de centaines de personnes.

L'Union européenne annonce une révision de ses relations avec l'Égypte

Les affrontements meurtriers qui ont cours en Égypte forcent l'Union européenne (UE) à agir. Dans un communiqué publié dimanche, l'UE dit vouloir réviser de « façon urgente » ses relations avec l'Égypte et adopter des mesures en ce sens. « L'UE va résolument poursuivre ses efforts pour promouvoir la fin de la violence, le rétablissement du dialogue politique et le retour au processus démocratique. »

Les dirigeants de l'UE, Herman Van Rompuy et Jose Manuel Barroso, affirment qu'une nouvelle escalade de la violence pourrait avoir « conséquences imprévisibles » pour le pays.

Selon l'UE, la responsabilité d'un retour au calme incombe à l'armée et au gouvernement provisoire. « Toutes les forces politiques égyptiennes doivent réaffirmer leur engagement pour l'avenir démocratique du pays et entamer un processus politique menant rapidement à la tenue d'élections et l'établissement d'un gouvernement civil », souligne l'UE.

Les violences meurtrières des derniers jours ne peuvent « être ni justifiées ni tolérées », insiste l'UE.« Les droits de l'homme doivent être respectés et protégés. Les prisonniers politiques doivent être libérés. »