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17/08/2013 09:34 EDT | Actualisé 17/10/2013 05:12 EDT

Samedi sous tension en Égypte

La situation demeure explosive en Égypte au lendemain du vendredi de la colère, dont le bilan provisoire fait état de plusieurs dizaines de morts au Caire et dans plusieurs villes à travers le pays après des heurts entre les manifestants pro-Morsi et les forces de l'ordre.

Notre envoyé spécial au Caire, Akli Aït Abdallah rapporte des échanges de coups de feu entre la police et des tireurs visiblement embusqués dans le minaret de la mosquée Al Fateh à proximité de la place Ramsès, au Caire.

Très tôt ce matin, la police assiégeait de nombreux islamistes dans cette mosquée, alors que les pro-Morsi appelaient à de nouvelles manifestations.

Le gouvernement a annoncé que les affrontements de vendredi ont fait au moins 173 morts, dont 95 dans la capitale.

Le pouvoir égyptien combat un « complot terroriste malveillant ourdi par les Frères musulmans », peut-on lire dans un communiqué rendu public par le cabinet du premier ministre, qui martèle ce message depuis mercredi.

« Quiconque, issu ou non des Frères musulmans, voulant rejoindre la marche pacifique des Égyptiens vers le futur est le bienvenu ». Cette déclaration émane de Moustapha Higazy, conseiller du président par intérim Adly Mansour.

M. Higazy, précise toutefois que cette invitation tient à une condition : n'avoir commis « aucun acte terroriste ».

Tamarod appuie les militaires

Mahmoud Badr, l'un des trois fondateurs du mouvement Tamarod, auquel on attribue un rôle important dans les manifestations qui ont conduit à la destitution du président islamiste Mohamed Morsi, a ouvertement déclaré samedi son soutien à l'armée.

Le bilan de la répression contre le camp islamiste est le « prix élevé » à payer pour libérer l'Égypte de « l'organisation fasciste des Frères musulmans », estime Mahmoud Badr.

La dissolution des Frères musulmans à l'étude

En réponse à la crise, le premier ministre du gouvernement de transition égyptien, Hazem El Beblaoui, a proposé de dissoudre la confrérie des Frères musulmans. 

Le porte-parole du gouvernement, Cherif Chaouki, a précisé que l'idée est déjà à l'étude. La proposition a été soumise au ministre des Affaires social, qui encadre les activités des organisations non gouvernementales.

Le frère du chef d'Al-Qaïda Ayman al-Zawahiri a été arrêté samedi à Guizèh, dans la banlieue du Caire pour « soutien » au président islamiste destitué Mohamed Morsi, affirment des responsables des services de sécurité sous couvert de l'anonymat.