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17/08/2013 11:15 EDT | Actualisé 17/10/2013 05:12 EDT

Politique étrangère: le nouveau président iranien désire changer la donne

TÉHÉRAN, Iran - Le nouveau président de l'Iran a déclaré samedi que ses concitoyens l'avaient élu pour modifier la politique étrangère du pays et prendre ses distances par rapport au style flamboyant adopté par son prédécesseur, Mahmoud Ahmadinejad.

Hassan Rohani a assuré que son gouvernement modifierait ses approches pour discuter avec les puissances mondiales. Il a toutefois dit que la République islamique conserverait ses principes.

«La politique étrangère n'est pas l'endroit où une personne peut s'exprimer ou prendre position sans porter attention», a-t-il déclaré lors de l'assermentation du nouveau ministre des Affaires étrangères, Mohamad Javad Zarif. «Lors des élections du 14 juin, le peuple a indiqué qu'il désirait une nouvelle politique étrangère», a ajouté le président, selon l'agence de presse officielle IRNA.

M. Rohani s'est engagé à suivre une politique de modération et à apaiser les tensions avec le monde extérieur. Il a également promis d'améliorer une économie ravagée par les sanctions internationales et la mauvaise gestion des technocrates.

Le nouveau président a remporté une importante victoire en juin, faisant mordre la poussière à ses rivaux conservateurs. Le parlement iranien a approuvé tous ses ministres, jeudi, à l'exception de trois d'entre eux.

Le coeur du cabinet regroupe des personnes ayant étudié en Californie, à Wahington, Paris et Londres. M. Rohani a lui-même fait ses études en Écosse, tandis que le nouveau ministre Zarif est un diplomate diplômé aux États-Unis, et qui possède un doctorat en droit international de l'Université de Denver.

M. Rohani a dit espérer que l'expertise de son ministre et ses années d'expérience en termes de discussions avec les diplomates américains et iraniens à l'ONU aidera son gouvernement a comprendre le «modus operandi» américain. M. Zarif a travaillé avec M. Rohani à l'époque où ce dernier était le principal négociateur iranien sur la question du nucléaire, entre 2003 et 2005.

«Revoir la politique étrangère ne signifie pas un changement dans nos principes de base», a cependant précisé le président, avant d'ajouter que «des changements dans les méthodes et les tactiques, réclamés par le peuple, doivent être effectués.»

Il n'est pas encore possible de savoir à quelle point l'équipe présidentielle pourra influencer les politiques iraniennes et élaborer un programme de rapprochement diplomatique, comme des discussions directes avec les États-Unis, voire une percée dans des négociations plus larges à propos du controversé programme nucléaire de Téhéran.

La politique nucléaire demeure en effet l'apanage des dirigeants religieux du pays. L'Occident accuse l'Iran de tenter de développer des armes nucléaires, ce à quoi Téhéran rétorque qu'elle ne vise que des réacteurs utilisés à des fins pacifiques.