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17/08/2013 10:03 EDT | Actualisé 17/10/2013 05:12 EDT

Les forces égyptiennes donnent l'assaut contre des pro-Morsi dans une mosquée

LE CAIRE, Égypte - Les forces de sécurité égyptiennes ont donné samedi l'assaut contre une mosquée du Caire, après que des tireurs postés dans un minaret les eurent pris pour cible, arrêtant des centaines de partisans du président déchu Mohamed Morsi qui s'étaient barricadés à l'intérieur pendant la nuit.

Cette opération fait suite à de violents heurts survenus vendredi qui ont fait 173 morts.

Des responsables de la sécurité ont indiqué que les troupes avaient lancé l'assaut contre la mosquée de la place Ramsès par crainte que les Frères musulmans ne mettent sur pied un camp de protestataires similaire à ceux démantelés mercredi dans le sang, entraînant la mort de centaines de personnes.

Le gouvernement égyptien a de son côté annoncé avoir entamé des délibérations sur la possibilité d'interdire les Frères musulmans, une organisation longtemps interdite qui a pris le pouvoir lors de la première élection démocratique du pays, il y a un an.

Une telle interdiction — qui, disent les autorités, découle de l'utilisation de la violence par le groupe — équivaudrait à une répétition de l'Histoire et de la lutte de pouvoir vieille de plusieurs décennies entre le mouvement islamiste et l'État. Le geste pourrait également provoquer d'autres heurts en Égypte, à la suite du coup d'État, le 3 juillet, contre le président Mohamed Morsi, membre des Frères.

L'assaut contre la mosquée al-Fatah a débuté dans la nuit de vendredi à samedi, alors que les partisans pro-Morsi et des hommes armés se sont réfugiés dans le lieu de culte pour éviter des miliciens en colère et pour ne pas se faire arrêter. Ils ont empilé des fournitures dans l'entrée de la mosquée pour bloquer les autorités et les empêcher les anti-Morsi de les atteindre.

La mosquée a servi d'hôpital de campagne et de morgue à la suite des violents heurts survenus vendredi dans les environs. À l'aube, samedi, les forces de sécurité et des véhicules blindés ont entouré l'endroit et il semblait que des négociations menées par l'armée puissent permettre d'éviter l'escalade.

Des tireurs se sont alors postés dans un minaret et ont ouvert le feu sur les forces de sécurité, a rapporté l'agence de presse officielle MENA. La foule aux alentours de la mosquée a paniqué alors que les policiers ont riposté, les événements étant diffusés en direct sur des chaînes de télévision locales.

Plusieurs responsables de la sécurité ont expliqué à l'Associated Press qu'une intervention était essentielle après avoir reçu des informations voulant que les manifestants désirassent monter un nouveau camp de protestataires.

Mercredi, la police antiémeute, des hélicoptères de l'armée, des tireurs d'élite et des bulldozers ont démantelé deux camps montés par des pro-Morsi, faisant plus de 600 morts et des milliers de blessés.

Parmi les personnes tuées vendredi, on retrouve Ammar Badie, un fls du chef spirituel des Frères musulmans Mohamed Badie, a annoncé la branche politique du groupe par voie de communiqué.

Le premier ministre Hazem el-Beblaoui, qui dirige le gouvernement appuyé par les militaires, a plus tard déclaré à des journalistes qu'il n'avait pas le choix d'utiliser la force dans la foulée des récentes violences.

«Je m'excuse pour le sang versé», a-t-il dit, avant de toutefois préciser qu'il n'y aurait «pas de réconciliation avec ceux dont les mains sont tachées de sang, ou qui ont tenu des armes contre les institutions du pays».

Les autorités égyptiennes ont également annoncé samedi avoir arrêté le frère du chef d'al-Qaïda Ayman al-Zawahri.

Celui-ci a indiqué que Mohamed al-Zawahri, leader d'un groupe salafiste ultraconservateur, était détenu à un point de contrôle à Gizeh, la ville située en face du Caire, de l'autre côté du Nil.

Le groupe de M. al-Zawahri a adopté une idéologie de la ligne dure, mais n'était pas inconnu avant le coup d'État du 3 juillet. Il était allié du président déchu Mohamed Morsi, un islamiste, dont les partisans sont désormais descendus dans les rues pour protester contre la mort de nombre d'entre eux lors d'une opération des forces de sécurité, la semaine dernière.

Le responsable n'a pas voulu donner plus de détails.

Les autorités avaient précédemment annoncé que M. al-Zawahri avait commandé des insurgés dans la Péninsule du Sinaï.