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16/08/2013 03:12 EDT | Actualisé 15/10/2013 05:12 EDT

Une ferme pousse sur un toit

Au bord de l'autoroute 440, sur le toit d'un magasin de décoration, des dizaines de bacs alignés attendent leurs plants de tomates et d'aubergines. Les lieux ressemblent plus au décor du film 2001, Odyssée de l'espace de Stanley Kubrick qu'à une ferme. Et pourtant, aux Fermes Lufa, c'est une petite révolution qui sort de terre ce vendredi.

Un texte de Florent Daudens

Une dizaine d'agriculteurs modernes, tatouages de légumes aux bras pour certains, y plantent différentes variétés de légumes, dont plusieurs sont inconnues des consommateurs. En fond musical, pas de Richard Strauss, mais plutôt de la musique avant-gardiste à leur image (sans qu'on sache si c'est bon pour les plantes). « Il y a trois ans, les gens pensaient qu'on était des « TreeHuggers » [des gens peu sérieux, des rêveurs], mais au bout de trois ans, ils se rendent compte qu'on est sérieux », soutient Mohamed Hage, fondateur des Fermes Lufa.

Des légumes pour 5000 foyers

Il s'agit de la deuxième serre pour cette jeune entreprise créée en 2010, l'autre étant à Ahunstic-Cartierville. Construite au coût de 3 millions de dollars, cette serre de 43 000 pieds carrés convertit la chaleur du magasin en dessous tout en isolant celui-ci, récupère l'eau de pluie, capte le soleil de partout; le tout sans pesticides ou insecticides. Les légumes ne sont toutefois pas certifiés bio, puisque l'entreprise utilise des engrais adaptés à la culture hors-sol.

L'entreprise dessert les consommateurs directement, sans intermédiaire. Ce type de distribution permet à l'entreprise de livrer les légumes le jour de la récolte, sans les réfrigérer. Avec ses 4500 nouveaux plants, les Fermes Lufa pensent pouvoir approvisionner 5000 foyers de la région métropolitaine à compter de la fin septembre.

L'entreprise espère avoir rentabilisé cette nouvelle serre au bout d'un an et envisage d'en construire de nouvelles. Avec tous les toits que compte Montréal et ses environs, ce n'est pas la place qui manque, fait remarquer son fondateur.