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13/08/2013 05:25 EDT | Actualisé 13/10/2013 05:12 EDT

L'opposition satisfaite de l'audit sur Wallin, mais l'avenir du Sénat reste matière à débat

Le Nouveau Parti démocratique (NPD) et le Parti libéral du Canada (PLC) se félicitent que l'audit des dépenses de la sénatrice Pamela Wallin soit transmis à la GRC, mais leurs opinions divergent quant à la question de l'abolition du Sénat.

Pour le député libéral Stéphane Dion, les déboires d'un seul membre du Sénat ne doivent pas forcément remettre en cause l'existence même de toute une institution. « Si demain il y a des députés, comme c'est arrivé dans le passé, qui se font prendre à faire la même chose, personne ne réclamera la fermeture de la Chambre des communes », indique le porte-parole du PLC en matière de réforme démocratique. Toutefois, M. Dion n'écarte pas la possibilité qu'un débat puisse avoir lieu autour de l'existence du Sénat.

La porte-parole adjointe du NPD en matière de réforme démocratique, Alexandrine Latendresse, estime toutefois qu'il est trop tard pour tenir un débat autour du rôle du Sénat. « Il est un peu trop tard pour le réformer [...] je ne pense pas qu'on en ait besoin dans notre démocratie en ce moment », explique-t-elle.

Le problème des dépenses de la sénatrice Pamela Wallin est le reflet de la mentalité des membres de toute cette institution, soutient Mme Latendresse. « C'est un problème qui est intrinsèque au Sénat, il y a une culture du privilège », conclut-elle.

En février 2013, le gouvernement de Stephen Harper avait demandé à la Cour suprême de lui fournir un avis au sujet de la réforme du Sénat. La cour devrait entendre les arguments du gouvernement en novembre prochain.

L'opposition satisfaite que le dossier ait été transmis à la GRC

Si Stéphane Dion se dit satisfait que le dossier ait été transmis à la GRC, il estime que Stephen Harper devrait donner des explications supplémentaires, étant donné qu'en février dernier, il avait pris la parole à la Chambre des communes pour défendre Mme Wallin, alors qu'elle était critiquée pour certaines de ses dépenses. « Je pense que le Sénat a bien fait son travail, que le Sénat a renvoyé l'affaire devant la GRC. Ce qui reste à faire et qui est très important, c'est que le premier ministre lui-même fasse preuve de transparence et s'explique », dit M. Dion.

Alexandrine Latendresse estime que les règles du Sénat sont déjà assez claires, contrairement à ce qu'a affirmé Mme Wallin. « Même si c'est possible qu'il y a des clarifications qui pourraient être souhaitables, je pense qu'il y a des règles qui étaient extrêmement claires ici », dit Mme Latendresse.

Mme Wallin a critiqué l'audit de Deloitte, estimant que les règles encadrant les dépenses des sénateurs n'étaient pas assez précises, dans certains cas. Gerald J. Comeau, le président du comité de la Régie interne du Sénat, qui contrôle les dépenses des sénateurs, a expliqué que les règles étaient claires, et qu'en cas de doute, les sénateurs pouvaient demander des précisions. « Le message est : continuez à vous informer, continuez d'être au courant des règles des finances, et si vous avez des questions, posez des questions, mais n'attendez pas que l'on trouve des lacunes dans les demandes », a expliqué le sénateur conservateur.