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12/08/2013 09:08 EDT | Actualisé 12/10/2013 05:12 EDT

BlackBerry à vendre?

La multinationale ontarienne BlackBerry TSX:BB a lancé un examen de ses « options stratégiques » qui pourrait inclure la vente de la compagnie.

L'action du fabricant de téléphones intelligents et de tablettes électroniques était en hausse d'un peu plus de 5 % à l'ouverture de la Bourse de Toronto lundi matin, après l'annonce de ce nouveau plan de restructuration.

Dans un communiqué, BlackBerry, dont le siège social est situé à Waterloo, indique que son conseil d'administration a formé un comité extraordinaire, qui inclut notamment son PDG, pour « accroître sa valeur et sa grosseur afin d'accélérer le déploiement du Blackerry 10 (son nouveau téléphone intelligent) ».

BlackBerry annonce également que Prem Watsa, le président de Fairfax Financial, qui est le principal actionnaire de la compagnie, quitte son conseil d'administration.

M. Watsa explique que la recherche de nouvelles options lancée par BlackBerry pourrait le placer dans une situation de conflit d'intérêts. Il s'était joint au conseil d'administration en 2012 dans le cadre des efforts de revitalisation de la multinationale ontarienne.

Il a ajouté que Fairfax n'avait « aucune intention actuellement » de vendre ses actions BlackBerry.

Retrait boursier

BlackBerry lance son processus de repositionnement alors que des rumeurs circulaient quant à la possible sortie de bourse de la compagnie, qui aurait été achetée par des investisseurs privés pour faciliter sa restructuration.

Ces rumeurs avaient fait grimper l'action de BlackBerry en bourse vendredi dernier.

Selon Louis Hébert, professeur à HEC Montréal, un telle vente n'aurait pas beaucoup d'incidences auprès des actionnaires mais risque d'avoir d'importantes conséquences sur le personnel de l'entreprise.

Selon lui, des mises à pied importantes sont à prévoir au siège social de la compagnie en Ontario.

L'étoile BlackBerry pâlit depuis 2007, soit l'arrivée de l'américain Apple et de son iPhone sur le marché. Depuis, l'action de BlackBerry décline, passant de  plus de 200 dollars à environ 10 dollars lundi.

Au niveau mondial, BlackBerry ne pèse plus que 3% du marché des téléphones intelligents quand le système Android équipe 8 téléphones sur 10 dans le monde et Apple 13 %.

« La question est de savoir qui voudrait acheter BlackBerry », a estimé Joe Rundle responsable de marché chez ETX Capital. « Des ventes difficiles, l'échec stratégique et des produits peu attractifs signifient que l'acquisition de BlackBerry pourrait être fatal à l'un de ses rivaux », a-t-il ajouté.

« Cela va être difficile » de vendre, a aussi reconnu Ian Lee, professeur à l'école de commerce Sprott d'Ottawa qui estime que seul Microsoft pourrait éventuellement trouver un intérêt commercial à acquérir le fabricant canadien.

Pour Joe Rundle, le réseau social Facebook qui cherche à se lancer sur le téléphone intelligent ou le site de commerce Amazon pour élargir l'audience de sa liseuse Kindle pourraient aussi se manifester auprès du comité de restructuration.

Le Wall Street Journal évoque aussi la possibiilité de voir les firmes asiatiques Samsung et Lenovo se manifester mais rappelle que le gouvernement canadien examinera minutieusement la transaction et pourrait l'empêcher.  

La vente de BlackBerry n'est pas forcément impossible et « c'est une option intéressante qui doit permettre à BlackBerry de se réinventer à l'abri de la pression du marché boursier », a estimé Carl Simard, patron du cabinet de gestion de portefeuille stratégique Medici. Selon M. Simard, BlackBerry pourrait se vendre à un peu plus de 4 milliards de dollars.