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11/08/2013 07:09 EDT | Actualisé 11/10/2013 05:12 EDT

Un mont des Laurentides menacé de coupes forestières

Des citoyens de Sainte-Lucie-des-Laurentides se mobilisent pour empêcher ce qu'ils qualifient « de coupe à blanc » sur le deuxième plus haut sommet des Laurentides et la principale attraction de leur municipalité, le mont Kaaïkop.

Le ministère des Ressources naturelles, de la Faune, et des Parcs a octroyé une garantie d'approvisionnement de cinq ans à une entreprise qui a l'intention d'y couper des milliers de mètres cubes de bois, soit de 50 à 100 % des arbres sur les trois sommets de la montagne.

Une coupe importante est aussi prévue dans une zone abritant les sentiers pédestres de la base de plein air L'Interval, qui offre depuis près de 75 ans un accès à la nature aux familles défavorisées. Son directeur général, Claude Alexandre Carpentier, craint que les coupes intensives mettent en péril l'existence de la base.

« On a le privilège d'avoir un joyau ici dans les Laurentides; une montagne qui n'a pas de pentes de ski, qui est naturelle et là, malheureusement, le ministère a octroyé ces droits de coupe qui vont laisser des traces assez importantes pour des générations à venir », dénonce-t-il.

Les protestations de M. Carpentier auprès du ministère ont été vaines. Le travail forestier doit débuter en décembre.

« On nous a répondu que la décision avait été prise, qu'elle était irréversible et qu'il n'y a rien à négocier puisque le ministère des Ressources naturelles est souverain sur ses terres », explique-t-il.

Résistance citoyenne

Près de 900 résidents du secteur ont signé une pétition afin de s'opposer aux coupes.

« Ça a été un choc, confie Diane Bellon, une résidente. C'est sûr qu'il y a les droits de coupe qui rapportent, mais il y a plein d'autres forêts à couper avant celle-là. »

Les opposants au projet ont l'appui de la mairie et de la municipalité régionale de comté, qui ont désigné le mont Kaaïkop comme secteur protégé. Puisqu'il s'agit de terres publiques, cette désignation n'a toutefois pas force de loi.

Une rencontre est prévue lundi entre le ministère et la MRC des Laurentides, en présence du maire de Sainte-Lucie-des-Laurentides, Ghyslain Schoeb. Celui-ci il compte bien défendre ses citoyens.

« Les citoyens, c'est notre plus grande force, soutient-il. Comme maire, je vais me ranger derrière la pression populaire et on va prendre les mesures qui s'imposent pour faire respecter nos droits. »

D'après les reportages de Normand Grondin et de Marc Verreault