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09/08/2013 03:24 EDT | Actualisé 08/10/2013 05:12 EDT

Zimbabwe : les élections contestées par l'opposition

Le parti du premier ministre zimbabwéen, Morgan Tsvangirai, a mis ses menaces à exécution et a déposé vendredi un recours en justice pour contester les résultats des élections du 31 juillet, qui ont vu la réélection du président Robert Mugabe.

Le Mouvement pour le changement démocratique (MDC) juge que le scrutin a été marqué par des fraudes. Il demande l'annulation des résultats de l'élection et la tenue d'un nouveau scrutin d'ici 60 jours.

« Nous allons présenter de bonnes preuves. Certaines seront des preuves orales », a indiqué Douglas Mwonzora, le porte-parole du parti de M. Tsvangirai, en préparation à l'audience qui doit avoir lieu mercredi prochain.

La Commission électorale du Zimbabwe a déclaré le président sortant Robert Mugabe vainqueur de la présidentielle avec 61 % des voix contre 34 % à Morgan Tsvangirai, et le parti du président a remporté plus des deux tiers des sièges à l'Assemblée nationale.

Allégations de fraude

Morgan Tsvangirai estime que ces élections ont été « une énorme farce », car selon lui, 870 000 noms étaient inscrits en double sur la liste électorale.

Il dénonce aussi le fait que la liste électorale n'a été rendue publique qu'à la veille du scrutin, ce qui a rendu impossible toute vérification.

Le MDC affirme par ailleurs que de nombreux électeurs n'ont pas pu voter faute de trouver leur nom sur les registres, d'autres ne se sont pas rendus dans le bon bureau de vote, et d'autres encore ne détenaient pas les documents d'identité requis.

Un organisme indépendant de contrôle du scrutin, le Zimbabwe Election Support Network, estime que plus de 750 000 électeurs étaient absents des listes électorales dans les villes, bastions de M. Tsvangirai.

La Cour électorale allègue de son côté que près de 305 000 personnes ont été empêchées de voter.

Observateurs étrangers

Les pays occidentaux, qui n'avaient pas pu envoyer d'observateurs, ont crié à la fraude, ainsi que le Botswana, seul pays africain à s'être prononcé.

Les observateurs de la Communauté de développement d'Afrique australe (SADC) sont de leur côté satisfaits du déroulement du scrutin, qui s'est passé sans violence. Ils ne sont toutefois pas allés jusqu'à le qualifier d'« honnête ».

Robert Mugabe est au pouvoir depuis l'indépendance du pays en 1980.