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09/08/2013 01:53 EDT | Actualisé 09/10/2013 05:12 EDT

Le président Obama veut réformer le programme de surveillance avec le Congrès

WASHINGTON - Le président des États-Unis, Barack Obama, a donné une conférence de presse d'une heure vendredi après-midi juste avant de partir en vacances afin de faire le point sur les nombreux dossiers qui préoccupent le pays.

M. Obama a notamment essayé d'apaiser la colère entourant les pratiques de surveillance du gouvernement américain. Il a promis qu'il allait travailler avec le Congrès sur une réforme des programmes de surveillance téléphonique et électronique gardés secrets durant des années et récemment dévoilés au grand jour par l'informaticien en fuite Edward Snowden.

Il a dit comprendre pourquoi les Américains doutent de l'utilité de recueillir ces données et a soutenu que son administration superviserait plus étroitement la façon dont ces programmes sont menés.

Le programme de surveillance téléphonique a été autorisé en vertu du Patriot Act, adopté dans l'urgence par le Congrès après les attentats terroristes du 11 septembre 2001.

L'agence de sécurité nationale (NSA) affirme que les données téléphoniques sont les seules à être recueillies de façon massive en vertu de cette loi. Mais des responsables ont laissé entendre qu'il serait possible de créer des bases de données semblables avec les transactions de cartes de crédit, les registres des hôtels et les termes de recherche sur Internet.

M. Obama a annoncé vendredi la formation d'un comité indépendant pour évaluer les pouvoirs de surveillance du gouvernement, l'embauche d'un commissaire à la vie privée à la NSA et la nomination d'un procureur indépendant pour argumenter contre le gouvernement devant la cour nationale de surveillance.

Le président a également critiqué Edward Snowden, déclarant qu'il n'était «pas un patriote» pour avoir divulgué les programmes de surveillance.

Barack Obama a soutenu qu'il avait demandé une révision des programmes avant même que l'informaticien, à qui la Russie a accordé l'asile temporaire, n'en révèle l'existence au monde entier. Les révélations de M. Snowden ont provoqué des réactions beaucoup plus passionnées que si le président avait simplement mandaté un comité pour revoir les politiques, a-t-il dit.

M. Obama a semblé particulièrement animé lorsque les questions des journalistes ont abordé le sujet des républicains. Il a déclaré que ceux-ci risquaient de susciter la colère des citoyens s'ils votaient pour fermer le gouvernement cet automne dans le but de bloquer le financement de la réforme du système de santé.

Le président a affirmé que, bien qu'il soit ouvert à ce que les républicains proposent une solution de rechange à son projet de loi sur l'immigration, il préférerait qu'un vote soit tenu sur une mesure approuvée par le Sénat qui assurerait la sécurité frontalière tout en donnant la chance à des millions d'immigrants illégaux d'obtenir la citoyenneté.

Quant aux relations des États-Unis avec la Russie, Barack Obama a déclaré que la décision du président Vladimir Poutine d'offrir l'asile à Edward Snowden était le dernier d'une suite de différends entre les deux pays sur diverses questions, dont la réponse au conflit syrien et les droits humains.

«J'ai encouragé M. Poutine à regarder vers l'avant plutôt que vers l'arrière», a-t-il dit, évoquant le souvenir des échanges entre Washington et Moscou à l'époque de l'Union soviétique.

«Il est probablement approprié pour nous de prendre une pause, de réévaluer la direction prise par la Russie, quels sont nos intérêts à l'étranger et de calibrer notre relation», a ajouté M. Obama, qui a annulé une rencontre avec Vladimir Poutine plus tôt cette semaine.

La conférence de presse de M. Obama s'est déroulée à la veille de son départ pour l'île de Martha's Vineyard, au Massachusetts, le lieu de villégiature de la famille présidentielle. Aucun événement public ne figure à l'horaire du président durant sa semaine de vacances.