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09/08/2013 02:51 EDT | Actualisé 08/10/2013 05:12 EDT

Données personnelles : l'arrivée de Verizon inquiète un syndicat

S'il faisait son entrée sur le marché canadien, le géant américain de la téléphonie mobile Verizon serait en mesure de transmettre des données personnelles aux agences américaines de renseignement, s'inquiète le Syndicat canadien des communications, de l'énergie et du papier.

« Ces préoccupations devraient carrément faire l'objet d'une alerte rouge », affirme le président du syndicat Dave Coles dans un communiqué publié vendredi. « Si les autorités américaines demandaient à Verizon de leur transmettre des renseignements personnels sur ses clients au Canada, elle aurait amplement de motifs de répondre à la demande », ajoute-t-il.

Le 7 juin dernier, les autorités américaines ont effectivement confirmé que l'opérateur téléphonique Verizon doit livrer chaque jour à l'Agence nationale de sécurité (NSA) les informations sur tous les appels téléphoniques de son système, effectués à l'intérieur des États-Unis et avec d'autres pays, en vertu d'une ordonnance judiciaire secrète du Foreign Intelligence Surveillance Court.

La liste des appels, le lieu des appels, leur heure et leur durée seraient collectés, mais le contenu des conversations n'est pas couvert par l'ordonnance, selon un haut responsable américain.

Or, des rumeurs persistantes veulent que Verizon tente bientôt de prendre pied au Canada en achetant Wind Mobile. Telus, Bell et Rogers dénoncent déjà l'arrivée de Verizon au Canada dans un contexte qui favorise indûment ce géant américain, plaident-elles.

La sécurité publique en jeu?

« Quelle est l'évaluation en privé [du ministère de la] Sécurité publique d'une prise de contrôle possible par Verizon des télécommunications au Canada? Les conservateurs doivent être francs avec les Canadiens sur cette question », déclare Dave Coles.

Le Syndicat avance même que lorsque les conservateurs ont annoncé leur intention d'ouvrir le secteur aux fournisseurs étrangers de services de télécommunications, Sécurité publique Canada a prévenu en privé Industrie Canada que le plan pose « un risque considérable » à la sécurité nationale.

Industrie Canada et Sécurité publique Canada n'ont toutefois pas confirmé cette information, refusant de commenter « des situations hypothétiques. »

« La politique de télécommunications de notre gouvernement n'a pas été élaborée du jour au lendemain. C'est le résultat de consultations approfondies qui ont commencé en 2008 et qui se poursuivent aujourd'hui », argue Sébastien Gariépy, porte-parole du ministre de l'Industrie James Moore. « Tous les intervenants - l'industrie, des groupes de consommateurs et de simples citoyens - ont contribué à cette politique », ajoute-t-il.