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08/08/2013 09:08 EDT | Actualisé 08/10/2013 05:12 EDT

Deux personnes accusées dans le cadre de l'enquête concernant Rehtaeh Parsons

HALIFAX - La police a accusé deux jeunes hommes de distribution de pornographie juvénile après les avoir arrêtés jeudi, en Nouvelle-Écosse, relativement à la mort de l'adolescente Rehtaeh Parsons, en avril dernier, à la suite d'une tentative de suicide.

Selon les autorités, la première personne, âgée de 18 ans, est sous le coup de deux accusations de distribution de pornographie juvénile, tandis que la deuxième, elle aussi âgée de 18 ans, est accusée de production et de distribution de ce type de matériel.

Les deux accusés doivent comparaître jeudi prochain.

«Je peux vous dire que nous espérons que les arrestations d'aujourd'hui aideront l'ensemble de la communauté à guérir», a déclaré Roland Wells, de la Gendarmerie royale du Canada (GRC), lors d'une conférence de presse à Halifax jeudi.

«Une jeune femme est morte dans de tragiques circonstances. Nous devons tous réfléchir sur la façon dont nous pouvons, en tant que communauté, nous rassembler en mémoire de Rehtaeh, et voir ce que nous pouvons faire pour travailler ensemble et soutenir nos jeunes.»

La police a précisé qu'elle ne divulguerait pas l'identité des deux accusés, puisque ceux-ci étaient mineurs au moment des faits reprochés.

Des membres de la division des enquêtes criminelles de la GRC avaient arrêté, plus tôt jeudi, les deux individus à leur résidence respective dans la région de Halifax.

Les deux jeunes hommes étaient détenus jeudi par les enquêteurs pour interrogatoire.

La famille de Rehtaeh Parsons affirme que l'adolescente a été victime de harcèlement durant des mois après la publication d'une photo sur Internet témoignant d'une agression sexuelle dont elle aurait été victime en novembre 2011.

Les parents de la jeune femme ont réagi aux arrestations, jeudi, admettant que cela mettait un peu de baume sur leurs blessures. Son père, Glen Canning, s'est toutefois dit déçu que sa fille soit décédée avant que justice ne soit faite.

M. Canning a déclaré aux médias que l'arrestation des deux hommes constituait une nouvelle douce-amère pour la famille, toujours en deuil. «Elle est morte maintenant. Elle est partie. C'est triste et en même temps, c'est un peu un soulagement qu'il y ait un peu de justice dans ce dossier.»

Le chef de la police de Halifax, Jean-Michel Blais, a reconnu jeudi que les accusations de distribution de pornographie juvénile ne correspondaient peut-être pas aux attentes des gens par rapport à cette affaire.

«Il y a beaucoup de désinformation et d'incompréhension du côté du public relativement à ce dossier», a indiqué M. Blais lors de la conférence de presse.

«Ce que certaines personnes croient qui s'est passé, ce qui peut être confirmé dans le cadre d'une enquête policière grâce à des preuves et ce qui peut finalement être prouvé devant les tribunaux sont souvent des choses très différentes, a-t-il ajouté. En tant que policiers, nous ne pouvons pas nous contenter d'insinuations ou de suppositions. Nous ne créons pas les faits, nous les vérifions.»

Plus tôt cette année, la GRC avait enquêté sur les allégations d'agression sexuelle mais, faute de preuves, la Couronne n'avait pas pu déposer d'accusations.

La semaine suivant le décès de la jeune femme, la GRC a rouvert l'investigation, affirmant avoir reçu de nouvelles informations de la part de quelqu'un prêt à collaborer avec les enquêteurs.

Rehtaeh Parsons s'est pendue en avril à l'âge de 17 ans après avoir subi des mois de cyberintimidation à la suite de la présumée agression sexuelle. Elle a succombé à ses blessures quelques jours plus tard.

Le décès de l'adolescente a provoqué une colère nationale et poussé le gouvernement néo-écossais à examiner la première enquête policière sur cette affaire et la gestion du dossier par la commission scolaire.

Une investigation indépendante a conclu en juin que la commission scolaire aurait pu mieux gérer la situation, mais qu'elle avait été ralentie dans ses gestes par le fait que l'adolescente était souvent absente.

L'examen de l'enquête initiale est toujours en cours.