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07/08/2013 08:36 EDT | Actualisé 07/10/2013 05:12 EDT

Veillée à la mémoire des enfants tués par un python

Plus d'un millier de personnes ont assisté en fin de journée à une veillée à la bougie à la mémoire des deux enfants tués par un python à Campbellton, au Nouveau-Brunswick.

De nombreuses familles accompagnées d'enfants, dont certains connaissaient les jeunes victimes, étaient présentes.

Par leur présence les familles voulaient exprimer leur soutien à la famille des deux enfants.

Au cours de la cérémonie, un moment de forte émotion a eu lieu lorsque le jeune Ethan Levesque, un ami des frères, a demandé que les jouets déposés dans la place soient envoyés au paradis pour que les enfants puissent jouer avec.

Après quelques mots prononcés par le curé, une musicienne a joué quelques minutes de flûte. Par la suite, des lampions ont été déposés dans un bassin de la place du Saumon, non loin de l'endroit où les enfants de 4 et 6 ans ont été retrouvés morts, lundi matin.

Morts par asphyxie

La Gendarmerie royale du Canada (GRC) a annoncé que Noah et Connor Barthe, quatre et six ans, sont morts par asphyxie, selon les résultats préliminaires des autopsies..

D'autres tests seront toutefois nécessaires pour comprendre ce qui s'est passé lors de la nuit de dimanche à lundi. « Nous avons reçu les résultats préliminaires, mais les enquêteurs doivent attendre les résultats d'autres analyses et le rapport final », a déclaré le sergent Alain Tremblay, de la Division J de la GRC.

Les résultats de l'autopsie du python de Seba, soupçonné d'avoir tué les deux enfants à Campbellton, au Nouveau-Brunswick, ont aussi été dévoilés.

Le reptile était apparemment « en bonne santé », mais le rapport final n'est pas encore sorti. Ses restes seront détruits sous peu. Ils se trouvent présentement entre les mains d'un vétérinaire du gouvernement provincial.

Selon la GRC, il s'agit du premier cas de mort d'enfant impliquant un animal exotique au Canada.

Sauvé par la SPA, aidé par le fédéral

La Société protectrice des animaux (SPA) affirme avoir reçu le serpent en 2002. Elle s'est par la suite adressée à Environnement Canada, qui l'a aidé à placer le python à l'animalerie Reptile Océan. La SPA, précise le ministère, a trouvé le serpent abandonné par son propriétaire devant ses locaux.

De son côté, le ministère des Ressources naturelles du Nouveau-Brunswick a indiqué un peu plus tôt que l'animalerie de Campbellton n'avait aucun permis pour exploiter un zoo urbain.

Un porte-parole du gouvernement a par ailleurs affirmé que ce type de reptile n'est pas autorisé dans la province sans dérogation spéciale.

Plusieurs hypothèses

La GRC a confirmé mardi que le python était enfermé dans l'appartement où dormaient les victimes. Le reptile se serait échappé de sa cage de verre pendant la nuit de dimanche à lundi, par un orifice relié au système de ventilation. Il se serait déplacé dans le système pour ensuite se rendre au-dessus du salon où dormaient les deux garçons. Une conduite aurait alors cédé sous le poids du reptile.

De nouvelles informations sur les allées et venues des deux frères la veille du drame pourraient expliquer le comportement inhabituel du reptile. Selon Bry Loyst, du zoo reptilien d'Indian River, en Ontario, un python de Seba aurait pu agir ainsi si les deux enfants étaient devenus « une proie pour le reptile. » .

Pour M. Loyst, les deux enfants devaient sentir comme de la nourriture pour le serpent.

Le grand-oncle des bambins, David Rose, a affirmé que les enfants étaient allés visiter une ferme la veille du drame. Ils ont joué avec des lamas, des chèvres et des chevaux.

Marion Desmarchelier, professeure au Collège vétérinaire de l'Atlantique et spécialiste des animaux exotiques, confie qu'elle évite le contact avec de telles odeurs avant de s'approcher d'un serpent.

« L'odeur pourrait indiquer au serpent que je suis une proie et provoquer une morsure par erreur », précise Marion de Marchelier.

Des attaques rares

« Ce genre d'attaque est très rare », soutient Hervé Maranda, directeur de la ferme d'élevage de reptiles Exotarium, située à Saint-Eustache.  « Pour qu'il s'attaque à un humain, il faut que le serpent ait très peur », dit M. Maranda.

Les rares accidents se produisent la plupart du temps lorsque ces serpents sont en train d'être nourris, poursuit-il. Ils peuvent alors confondre un membre de la personne qui leur donne à manger avec de la nourriture.

Le python est aussi attiré par la chaleur des corps humains.