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07/08/2013 07:05 EDT | Actualisé 07/10/2013 05:12 EDT

Le gouvernement égyptien lance un ultimatum aux pro-Morsi qui campent au Caire

LE CAIRE, Égypte - Le gouvernement intérimaire égyptien a déclaré mercredi que la répression des manifestants pro-Morsi qui campent depuis plusieurs semaines au Caire était inévitable, affirmant que les efforts diplomatiques menés depuis deux semaines pour dénouer l'impasse avec les Frères musulmans avaient échoué.

Les déclarations du gouvernement laissent penser que la polarisation de la société égyptienne risque de s'aggraver davantage, alors que des milliers de partisans du président destitué Mohammed Morsi campent en deux endroits de la capitale et organisent des manifestations quotidiennes devant les édifices des forces de sécurité.

Plus de 250 personnes ont déjà été tuées dans les violences depuis que l'armée a délogé M. Morsi du pouvoir le mois dernier, notamment quelque 130 partisans des Frères musulmans dans deux affrontements majeurs entre les forces de sécurité et les partisans du président destitué.

«La décision de démanteler les campements, sur laquelle tous se sont entendus, est finale et irréversible», a déclaré le premier ministre Hazem el-Beblawi à la télévision publique, lisant une déclaration du cabinet égyptien.

En réponse, un haut responsable des Frères musulmans, Mohammed el-Beltagy, a affirmé que les manifestants étaient déterminés à rester dans leurs campements.

«Ce que nous voulons, ce sont des discussions claires sur notre position contre le coup d'État militaire et sur l'importance du retour à la légitimité politique», a déclaré M. El-Beltagy à l'Associated Press. Selon lui, la déclaration du cabinet «montre clairement qu'il manque de vision en ce qui concerne la scène politique».

Dans un communiqué commun publié mercredi, le secrétaire d'État américain, John Kerry, et la chef de la diplomatie européenne, Catherine Ashton, ont appelé à une résolution pacifique de la crise en Égypte.

«Nous restons préoccupés et troublés que le gouvernement et les leaders de l'opposition n'aient pas encore trouvé une façon de surmonter un dangereux blocage et de s'entendre sur la mise en application de mesures de confiance tangibles», affirme le communiqué.

«Le gouvernement égyptien porte la responsabilité d'initier ce processus afin d'assurer la sécurité et le bien-être de ses citoyens», poursuit le texte. «Ce n'est pas le moment de jeter le blâme, mais de prendre des mesures qui aideront à ouvrir un dialogue et permettront à la transition d'avancer.»

On ne sait pas très bien ce que pourrait impliquer la répression gouvernementale contre les manifestants pro-Morsi, ni quand elle pourrait commencer, mais il semble que ce ne sera pas avant la semaine prochaine. Le communiqué du cabinet précise que le gouvernement ne prendra pas de mesures durant le ramadan, le mois saint des musulmans qui se terminait mercredi et qui est suivi de quatre jours de festivités pour l'Aïd el-Fitr.