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07/08/2013 01:35 EDT | Actualisé 07/10/2013 05:12 EDT

L'armée sri-lankaise accusée d'avoir tué des manifestants dans une église

WELIWERIYA, Sri Lanka - L'Église catholique du Sri Lanka a accusé l'armée, mercredi, d'avoir ouvert le feu sur des manifestants non armés et d'avoir profané un lieu de culte en entrant dans une église avec des armes pour attaquer des civils qui y avaient trouvé refuge la semaine dernière.

Le cardinal Malcolm Ranjith a lancé ces accusations lors d'un message lu durant les funérailles d'un élève du secondaire âgé de 18 ans, qui fait partie des trois personnes tuées par l'armée jeudi dernier.

Il jugé «inacceptable et injustifiable» que l'armée ait attaqué des civils qui avaient trouvé refuge dans l'église Saint-Antoine de Weliweriya durant la rafle contre les manifestants.

«Entrer dans une église sacrée pour les catholiques avec des armes et agir de façon inhumaine a bouleversé les gens, et nous voulons insister sur le fait que nous sommes choqués et attristés par la profanation de cette église vénérée», a affirmé le cardinal Ranjith.

Lors de la manifestation, les résidants de Weliweriya, au nord-est de Colombo, et des villages environnants, protestaient contre le déversement de matières chimiques par une usine dans les cours d'eau de la région, qui menace leur approvisionnement en eau potable.

Selon des témoins et des journalistes présents sur les lieux, l'armée a ouvert le feu sur les manifestants et les a attaqués avec des bâtons, tuant deux adolescents et un homme de 29 ans. Au moins 15 autres personnes ont été blessées, d'après les témoins.

Les journalistes ont également déclaré qu'ils avaient été attaqués par les soldats, qui ont brisé leurs appareils photo avant de charger les manifestants.

Les autorités affirment que l'armée a agi en situation de légitime défense face à des manifestants qui lançaient des cocktails Molotov et qui tiraient à balles réelles, à l'instigation d'une «tierce partie» cherchant à discréditer le gouvernement.

Les responsables du gouvernement sri-lankais accusent souvent une «tierce partie» de tenter d'inciter la population à renverser le gouvernement.