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07/08/2013 04:54 EDT | Actualisé 07/10/2013 05:12 EDT

Chimiothérapie «diluée» en Ontario et au N.-B.: Santé Canada est pressée d'agir

TORONTO - Santé Canada devrait réglementer toutes les entreprises qui mélangent différents médicaments à l'extérieur des pharmacies, recommande un expert qui s'est penché sur l'affaire des médicaments de chimiothérapie qui a provoqué son lot de craintes en Ontario et au Nouveau-Brunswick.

Le Dr Jake Thiessen, chargé par le gouvernement de l'Ontario d'enquêter sur cette affaire, a également pressé Queen's Park de mettre en place des règles plus sévères pour les pharmaciens autorisés, en inspectant et en offrant aussi des permis aux cliniques et hôpitaux de la province, ainsi qu'aux pharmacies qui préparent de grandes quantités de médicaments en mélangeant divers composés dans une solution saline.

Il y a quatre mois, on a découvert que 1202 patients ontariens et néo-brunswickois, dont 40 enfants, avaient reçu des médicaments contre le cancer trop dilués — certains même pendant un an.

De la solution saline en trop dans des sacs contenant du cyclophosphamide et de la gemcitabine a réduit la concentration des médicaments prescrits, parfois jusqu'à 10 pour cent, révèle le rapport du Dr Thiessen.

L'entreprise qui fournissait le soluté à quatre hôpitaux ontariens et à un hôpital du Nouveau-Brunswick, Marchese Hospital Solutions, se trouvait dans une zone grise de la loi, le gouvernement fédéral et le Collège des pharmaciens de l'Ontario se renvoyant la balle sur la question de la responsabilité.

Le Dr Thiessen dit avoir trouvé des failles dans l'ensemble de la chaîne d'approvisionnement des médicaments contre le cancer.

Selon lui, Marchese n'a pas «délibérément» réduit la concentration de la solution. Les hôpitaux n'étaient cependant pas au courant que les médicaments étaient moins concentrés, et n'ont pas ajusté la posologie en fonction de ce changement.

Le Dr Thiessen recommande par ailleurs de délimiter clairement les responsabilités fédérales et provinciales dans ce secteur.

La ministre ontarienne de la Santé, Deb Matthews, a pour sa part promis de présenter cet automne un projet de loi qui donnerait au Collège des pharmaciens les pouvoirs suggérés dans le rapport Thiessen.