NOUVELLES
06/08/2013 12:21 EDT | Actualisé 06/10/2013 05:12 EDT

L'Iran veut des négociations « sérieuses » sur le nucléaire 


Le nouveau président iranien, Hassan Rohani, a tendu mardi la main aux Occidentaux sur le dossier du programme nucléaire de Téhéran qui empoisonne les relations entre la République islamique et une partie de la communauté internationale.

Profitant de sa première conférence de presse depuis son investiture, il a déclaré que son pays était prêt à entamer des négociations « sérieuses et substantielles » sur la question et qu'il était personnellement « déterminé » à régler le litige.

Cet homme, considéré en Occident comme relativement modéré, a toutefois ajouté que les interlocuteurs de Téhéran devraient comprendre qu'une solution n'était possible « que par la
négociation, pas la menace ».

Le successeur de Mahmoud Ahmadinejad a reçu l'appui de Moscou qui, par la voix de son ministre des Affaires étrangères, a souligné qu'il était « critique de soutenir l'approche constructive du dirigeant iranien ».

En visite à Rome, Sergueï Lavrov a dit être « tout à fait d'accord » avec le président iranien pour estimer que le litige devait être réglé par la négociation et non par des ultimatums », rapporte l'agence de presse Interfax.

Hassan Rohani, qui a critiqué les sanctions occidentales frappant l'Iran, s'est dit persuadé que pourraient être dissipées les inquiétudes des deux parties sur le sujet dans un court laps de temps.

Il s'est dit « déterminé avec sérieux » à régler le conflit sur le nucléaire iranien, à défendre les droits de son pays et à examiner sérieusement les préoccupations de l'autre camp.

« Nous n'abandonnerons pas le droit de la nation (iranienne à l'énergie nucléaire, NDLR). Toutefois, nous sommes favorables à des négociations et à l'interaction. Nous sommes prêts, avec sérieux et sans perdre de temps, à entamer des pourparlers sérieux et substantiels avec l'autre camp ».

Des négociations dès la mi-septembre?

« Si l'autre partie est dans le même état d'esprit, alors je suis confiant que les inquiétudes des uns et des autres pourront être dissipées par la négociation dans une période qui ne sera pas trop longue ».

L'élection de Hassan Rohani en juin a suscité de grands espoirs tant en Iran qu'à l'étranger. Ce chantre de la « modération » est toutefois un homme du sérail dont la marge de manœuvre est limitée dans un pays où la réalité du pouvoir appartient au guide suprême, l'ayatollah Ali Khamenei.

Les États-Unis n'ont pas réagi directement aux déclarations du président iranien, mais après son élection, ils avaient fait savoir qu'ils répondraient de manière constructive si Téhéran était sérieux quant à sa volonté de trouver une issue pacifique.

Quelques heures avant les propos de Hassan Rohani, les Russes ont estimé qu'une reprise des discussions avec Téhéran ne pouvait plus tarder. « Un nouveau cycle (de négociation) doit,
étant donné les circonstances, se tenir avant la mi-septembre. On ne peut le différer plus longtemps », a déclaré à Interfax le vice-ministre des Affaires étrangères, Sergueï Riabkov.

Le président russe, Vladimir Poutine, devrait faire la connaissance de son homologue iranien au Kirghizistan en septembre.

Dans une lettre adressée mardi au nouveau président iranien, l'Union européenne (UE) a jugé que Hassan Rohani disposait d'« un mandat ferme pour entamer le dialogue ». L'UE a exprimé l'espoir qu'un nouveau cycle de pourparlers se tienne « dès que cela sera réalisable ».

À Paris, le chef de la diplomatie française a reçu mardi l'ambassadeur d'Iran en France, Ali Ahani. La France « attend désormais de l'Iran des actes concrets en réponse aux
préoccupations internationales sur la finalité de son programme nucléaire, son engagement en Syrie et la situation des droits de l'homme », a dit Laurent Fabius au diplomate, selon le porte-parole adjoint du ministère français des Affaires étrangères.

Reuters