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05/08/2013 10:05 EDT | Actualisé 05/10/2013 05:12 EDT

Égypte : les partisans de Morsi manifestent à nouveau 

Des milliers d'islamistes réclamant la réintégration du président déchu Mohamed Morsi ont défilé lundi dans le centre du Caire en conspuant le général Abdel Fattah Sissi, chef de l'armée et homme fort du nouveau régime égyptien.

Dans le même temps, des émissaires occidentaux et arabes ont pu s'entretenir avec des représentants des deux camps en conflit pour tenter de faciliter une solution politique et d'éviter un nouveau bain de sang.

Les partisans de Mohamed Morsi, issu des Frères musulmans, brandissaient des portraits de leur mentor et scandaient « Morsi, Morsi » et « nous ne sommes pas des terroristes ».

Certains ont barbouillé des murs et des statues de graffitis traitant d'assassin et de traître le chef d'état-major de l'armée et ministre de la Défense qui a orchestré, le 3 juillet, la chute du président islamiste élu.

Les manifestants, pratiquement tous des hommes, marchaient de front dix par dix sur plusieurs centaines de mètres. Les forces de l'ordre n'ont pas tenté de disperser le cortège estimé par les journalistes à plusieurs milliers de personnes.

Les protestataires ont fait un arrêt devant les bureaux du procureur général, qu'ils accusent d'être de parti pris au plan politique.

« Mohamed Morsi est notre président », a déclaré Mohamed Moustafa, 28 ans, un étudiant de l'université du Caire participant au défilé.

Un autre manifestant, Mahmoud Issouafi, un homme d'affaires originaire de Massoura, dans le delta du Nil, brandissait un Coran dans une main et une photo du président déchu de l'autre. « Les militaires sont arrivés et ont fait main basse sur notre pays, ils ont tout volé », raconte-t-il. « Je souhaite la démocratie. Où est mon bulletin de vote? Je ne peux plus élire mon dirigeant, donc je manifeste. »

Rencontre des émissaires

Des émissaires occidentaux et arabes ont rencontré dimanche, peu après minuit, le numéro deux de la confrérie, Khairat el Chater, détenu à la prison de Tora, dans le sud du Caire, rapporte l'agence de presse officielle Mena. Les membres américains, européens, qataris et émiratis de la délégation avaient obtenu pour cela l'autorisation du procureur général, précise l'agence.

Et d'après le journal privé Al Masry al Youm, Khaira el Chater a reçu la visite d'une délégation comprenant le secrétaire d'État adjoint américain William Burns et l'émissaire
de l'Union européenne pour le Proche-Orient, Bernardino Leon.

Le numéro deux des Frères, considéré comme l'idéologue et le banquier du groupe, a fait savoir à ses visiteurs qu'il souhaitait s'entretenir avec eux en présence de Mohamed Morsi, parce que celui-ci était le « président légitime », ajoute le journal sur son site internet.

Les diplomates étaient accompagnés par des membres des forces armées lors de cette visite qui, selon le journal, s'est concentrée sur les moyens de mettre fin aux rassemblements organisés par les partisans de Mohamed Morsi au Caire. Khairat el Chater avait été arrêté peu de temps après la destitution du président Morsi.

Le procureur général a annoncé que le numéro deux des Frères ainsi que le Guide suprême de la confrérie, Mohamed Badie, devraient être traduits en justice le 25 août pour divers crimes, dont celui d'incitation au meurtre lors des manifestations ayant précédé la destitution de Mohamed Morsi.

Le gouvernement intérimaire, mis en place par l'armée, s'est dit prêt dimanche à donner une chance aux efforts de médiation, tout en prévenant que le temps était limité.

Cependant, l'annonce de la prochaine comparution des chefs des Frères musulmans complique la tâche des émissaires internationaux.

Le Conseil de défense national, composé de civils et de militaires, a dit dans un communiqué soutenir la médiation « qui
protège les droits des citoyens quelles que soient leurs sympathies politiques et qui évite l'effusion de sang qu'elle se déroule dans une période de temps limitée ».

La durée de cette période n'a pas été précisée. Près de 300 personnes ont péri dans les violences consécutives au renversement de Mohamed Morsi.

Depuis, les partisans de Morsi continuent d'occuper le terrain avec deux rassemblements permanents au Caire pour manifester leur opposition à ce qu'ils considèrent comme un coup d'État contre le premier président démocratiquement élu en Égypte.

Reuters