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25/07/2013 04:57 EDT | Actualisé 23/09/2013 05:12 EDT

Colombie : 220 000 morts en un demi-siècle

Environ 220 000 Colombiens, dont 80 % de civils, sont morts en 54 ans de violences politiques dans le pays, montre une étude financée par le gouvernement et publiée mercredi à Bogota.

Le rapport de 400 pages, fruit de six ans d'enquête, se penche sur les atrocités commises depuis 1958, avec la formation des guérillas marxistes, les FARC (Forces armées révolutionnaires de Colombie) et l'ELN (Armée de libération nationale) - officiellement fondées en 1964 - puis une trentaine d'années plus tard avec l'émergence des groupes paramilitaires d'extrême droite.

« C'est une guerre qui a laissé une grande partie du pays en deuil, mais de façon très inégale. C'est une guerre dont les victimes sont, dans leur grande majorité, des civils non combattants. C'est une guerre perverse qui a brisé toutes les règles humanitaires », a commenté le directeur de l'étude, Gonzalo Sanchez, en présentant son travail au chef de l'État.

En plus d'un demi-siècle, les violences ont fait 220 000 morts, dont plus de 177 300 étaient des civils. Les autres, 40 787 victimes décomptées, étaient membres des forces armées, des milices ou des groupes rebelles.

Le rapport est accompagné de photographies parfois choquantes de victimes. Les enquêteurs se sont rendus dans certaines des régions les plus instables du pays, où les communautés vivent dans la peur depuis des décennies.

Les pires années

La période la plus sanglante relevée par l'étude est située entre 1985 et 2002, lorsque les groupes paramilitaires se sont créés pour défendre les propriétaires terriens et les milieux d'affaires contre les attaques de la rébellion.

Ces paramilitaires, connus sous le nom de Forces d'autodéfense unies de Colombie, ou AUC, sont responsables de certaines des plus graves violations des droits de la personne.

Au total, les groupes paramilitaires, les guérilleros d'extrême gauche et les militaires ont commis 1982 massacres selon le rapport - définissant le massacre à partir du moment où le nombre de victimes est supérieur à quatre - qui ont fait 11 751 morts en 1980 et 2012.

Les AUC ont été responsables de la plupart de ces massacres tandis que les insurgés marxistes ont commis davantage d'enlèvements et d'attaques contre les infrastructures.

L'étude a dénombré 4,7 millions de déplacés depuis 1996 et 27 023 personnes enlevées depuis 1970.

Reuters